Le vaste site du Club des Cantons à Bromont vient de passer dans le giron de Knightsbridge. L’entreprise montréalaise souhaite lancer un nouveau projet domiciliaire d’ici le début de 2018.

Un nouvel acquéreur veut relancer le Club des Cantons

Après avoir stagné durant des années, le projet du Club des Cantons devrait renaître. La Voix de l’Est a appris que le vaste site à flanc de montagne, à Bromont, vient de passer dans le giron de la compagnie montréalaise Knightsbridge, qui souhaite lancer un nouveau projet domiciliaire sous peu.

L’initiative du Club des Cantons Resort & Spa, lancée officiellement en 2011 par Mario Ménard, était ambitieuse. L’homme d’affaires prévoyait notamment construire un complexe hôtelier et domiciliaire sur le site de 42 acres. Un projet qui devait se décliner en plusieurs phases, estimé à 95 millions.

Toutefois, seuls quelques immeubles de type « condo » ont été érigés au cours des dernières années. Des sources ont indiqué à La Voix de l’Est que le propriétaire du domaine, situé à proximité du chemin de Gaspé, venait de s’en départir. Ce qu’a corroboré le principal intéressé.

« Ça prend beaucoup de ressources et de capital pour supporter un projet d’environ 100 millions, a-t-il indiqué, appelé à commenter au sujet des tenants et aboutissants de la transaction. J’ai porté ça seul, à bout de bras depuis le début. [...] Si on veut rendre justice au potentiel de cette propriété et permettre qu’elle se développe comme elle le devrait, soit comme un projet A1 pour les Cantons-de-l’Est, ça prend des joueurs majeurs. »

Une recherche a permis de relever qu’un préavis de recours hypothécaire a été enregistré le 5 septembre par la firme Spiegel Sohmer, créancière de Fermes des Cantons ltée et de la société en nom collectif Versant Ouest (les débitrices), deux entités pilotées par Mario Ménard, la dernière étant aussi associée à la compagnie albertaine Premier Holdings ltd. 

En date du 31 août, les entreprises concernées par le prêt, lié au site du Club des Cantons puis aux condos qui y sont construits, étaient endettées d’un peu plus de 4,4 millions envers la société par actions.

« Les débitrices ont fait défaut de rembourser les sommes dues aux termes du prêt le ou avant le 4 juillet 2017. » De plus, « les débitrices et l’acquéreur omettent ou négligent d’acquitter à échéance les taxes foncières dues pour l’année 2017 », peut-on lire dans le document légal. La mise en demeure prévoyait un délai de 60 jours suivant l’inscription du préavis au registre foncier pour délaisser les biens hypothéqués.

Nouveau départ

Mario Ménard s’est tourné vers un groupe montréalais pour vendre et relancer le projet. Les 10 lots ainsi que les bâtiments érigés sur le site ont été vendus pour 7,3 millions à Investissements Claricbridge Bromont, mentionne l’acte de vente, daté du 30 octobre. La nouvelle entité a été créée le 16 octobre et est affiliée à Gestion Knightsbridge, dirigée par Simon Gervais-Boyer. La firme fait notamment sa marque en construisant des copropriétés écologiques au design novateur, la plupart étant certifiées LEED (Leadership in Energy and Environmental Design).

Le président et cofondateur de Knightsbridge a confirmé qu’un ensemble résidentiel sera au cœur du projet, qui demeure toutefois embryonnaire. « Ce sera un projet ski in/ski out. On veut autant s’adresser au marché de la villégiature qu’au marché résidentiel, a indiqué en entrevue l’homme d’affaires. [...] La vigueur économique est bien palpable à Bromont. C’est une super belle ville, une très belle montagne. Un bon endroit où habiter. Il y a donc beaucoup de potentiel. »

Or, il ne s’agit pas d’une relance du Club des Cantons. « On repart sur de nouvelles bases », a mentionné Simon Gervais-Boyer, spécifiant avoir été approché par le promoteur du projet initial. « [Mario Ménard] cherchait un développeur expérimenté pour repenser le site, a-t-il fait valoir. Pour nous, l’architecture et la relation avec l’environnement sont importantes. On vise [un style] un peu plus contemporain, à bâtir différemment. » Notons que dans son projet original, Mario Ménard s’était engagé à conserver 45 % du couvert forestier. 

L’idée d’aménager un spa et un gîte pour les villégiateurs est-elle dans les cartons ? « C’est une option, mais ce n’est pas une certitude », a soutenu M. Gervais-Boyer. Pas question, renchérit-il, d’offrir quelque chose qui ressemble au Cercle des Cantons, situé juste à côté. « Ce n’est pas du tout dans nos valeurs de faire quelque chose qui ressemble à ça. »

Si tout se déroule comme prévu, la première phase du projet domiciliaire devrait être lancée dès le début de 2018.