La présidente de Nature Médic, Véronique Lettre, a récemment conclu une entente de partenariat avec la coop de santé de Roxton Pond. Les traitements à l’aide de cannabis médical commenceront en novembre.

Un nouveau service de cannabis médical à Roxton Pond

Ça bouge à la coopérative de santé de Roxton Pond. L’organisation a accueilli un nouvel omnipraticien et vient de conclure un partenariat avec Nature Médic, une clinique spécialisée dans le cannabis médical, pour offrir cette option à la clientèle. Une première dans la région.

La coop de santé de Roxton Pond sera le premier point de service de Nature Médic en dehors de son quartier général à Magog.

L’entente entre les deux organisations devrait marquer le premier jalon d’une expansion à travers le Québec des activités de la jeune entreprise, lancée en janvier 2018. C’est du moins le souhait de sa présidente, Véronique Lettre. « On mise beaucoup sur la coop de Roxton Pond, car on sait que la demande de traitements à l’aide de cannabis médical est en forte progression. C’est donc important d’élargir notre offre. On a des gens qui viennent d’aussi loin qu’Amqui, Terrebonne et Gatineau, alors on veut être présents dans le plus grand nombre de régions possible. »

Loin d’avoir des appréhensions envers ce secteur d’activité en pleine effervescence, le président de la coop de santé, Serge Bouchard, y voit une « occasion en or ». « La coop est déjà bien reconnue dans la région. Le service de cannabis médical nous permettra d’obtenir une visibilité encore plus grande au-delà de notre territoire. Notre but est d’offrir toujours plus de services à notre clientèle. On croit qu’avec la légalisation de la marijuana récréative, beaucoup de gens vont s’intéresser au cannabis médical, plus méconnu. »

D’ailleurs, le Dr David Delisle, qui pratique depuis quelques semaines à la coop, sera l’un des deux omnipraticiens (sur un total de cinq) qui ont accepté d’embarquer dans le projet de traitement thérapeutique à l’aide de cannabis médical.

Le service sera lancé à la fin novembre, à raison d’une journée par mois. Les disponibilités pourraient s’accroître dès janvier selon la demande, a précisé Mme Lettre.

Encadrement

Le modèle préconisé par les partenaires prévoit qu’un infirmier spécialisé travaillera de concert avec les deux docteurs de la coop. « Le médecin va vérifier l’éligibilité du patient. Il va donc s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indication, d’antécédents psychologiques qui feraient en sorte que la personne ne pourrait pas se qualifier. Notre infirmier prendra ensuite la relève en rencontrant les patients à la coop de santé pour aborder le plan de traitement », a indiqué la copropriétaire de Nature Médic.

L’équipe de l’entreprise de Magog épaulera aussi les patients dans leurs démarches pour ouvrir un compte chez un ou plusieurs fournisseurs de cannabis médical de Santé Canada. De plus, un suivi sera fait auprès de la clientèle trois mois après le début des traitements. Du soutien téléphonique sera également offert.

Notons que le cannabis médical a des impacts sur plusieurs problèmes de santé : l’insomnie, la fibromyalgie, l’arthrite, les douleurs chroniques, l’anxiété, le Parkinson, la sclérose en plaques et la maladie de Crohn, entre autres. Idem en ce qui concerne de nombreux effets collatéraux du cancer.

Selon Mme Lettre, environ 90 % des patients prennent le cannabis médical sous la forme d’huile ou de gélules. Certains vont le fumer ou vapoter pour obtenir un résultat plus rapide.

Pénurie

Bien qu’elle soit « plutôt favorable » à la légalisation du cannabis récréatif, Véronique Lettre se dit préoccupée par les problèmes d’approvisionnement que cela occasionne. « Le cannabis récréatif vient brouiller les cartes. On peut s’attendre à une pénurie de plusieurs produits. Les fournisseurs nous disent qu’ils privilégieront les clients qui utilisent du cannabis médical, mais j’ai de gros doutes. »

La copropriétaire de Nature Médic se dit également inquiète que des gens optent pour « l’automédication » à l’aide de cannabis récréatif. « Quand on parle de traitement thérapeutique, on ne peut pas s’improviser spécialiste, a dit la survivante du cancer. C’est primordial de bien mesurer toutes les interactions entre certains médicaments et le cannabis. »