Jean-Philippe Guyon, un des superviseurs de la compagnie ambulancière Dessercom à Granby
Jean-Philippe Guyon, un des superviseurs de la compagnie ambulancière Dessercom à Granby

Un nouveau rôle pour les paramédics

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Le quotidien des paramédics a été chamboulé depuis le début de la pandémie, il y a sept mois. Le rôle de ces travailleurs de première ligne a évolué au fil du temps. En plus d’être toujours au front, des équipes sont maintenant déployées dans des centres de dépistage de la COVID-19.

«Les paramédics et autres corps de métier dans le milieu de la santé, avec les arrêtés ministériels, ont commencé à changer de rôles, ce qui est très bien», estime Jean-Philippe Guyon, superviseur au sein de l’entreprise ambulancière Dessercom à Granby.

Une soixantaine de paramédics de la compagnie se sont portés volontaires pour travailler dans les centres de dépistage à Granby et à Bromont. Leurs homologues de Sherbrooke ont été les premiers à se diversifier en proposant leur aide dans ces centres dès le début de la pandémie.

C’est maintenant à leur tour de leur emboîter le pas non seulement dans les centres, mais également en s’impliquant dans le dépistage mobile. «Ce type de dépistage sert aux gens qui ne peuvent se déplacer. Il nous permet aussi de nous rendre dans des milieux où il y a une éclosion. On ira directement sur place, explique le paramédic. Certains pensent encore qu’on est des transporteurs. Qu’on ne peut pas faire autre chose, mais ce n’est pas le cas.»

Leur travail a changé à bien des niveaux. Les protocoles d’intervention auprès de patients potentiels infectés au coronavirus, qui pouvaient être modifiés d’heure en heure au début de la pandémie, sont davantage établis. Les patients offrent également une meilleure collaboration. «Ils sont plus ouverts. L’approche avec le patient est plus facile parce qu’il a, lui aussi, été éduqué là-dedans», estime M. Guyon.

Les mesures de protection ont aussi quelque peu été modifiées. «On est partis de nos kits complets à notre masque de procédure, explique le superviseur. On a tout de même toutes les pièces d’équipement de protection à notre disposition.»

Les nouvelles façons de faire en matière de désinfection déployées au début de la pandémie sont sommes toutes demeurées les mêmes. «La désinfection des pièces d’équipement se fait avant et après les quarts de travail, entre les patients. On nettoie la cabine de soins dans l’ambulance après chaque appel. On ne peut courir aucun risque», fait-il savoir.

Au front depuis le jour un de la pandémie, les paramédics persistent et signent : les citoyens doivent suivre les consignes de la santé publique pour traverser cette crise sanitaire sans précédent.

«Il faut continuer de porter le masque, de se laver les mains et de rester à la maison. Il ne faut pas s’exposer inutilement. On est chanceux en Estrie, on est en zone orange. Il n’y a rien de fermé ou presque. On n’a pas le choix, il faut continuer. Les Fêtes arrivent. Si on veut voir un peu de monde, il faut faire attention. Il faut continuer dans la même lignée», conclut M. Guyon.