Dix jours à peine après son opération, Éric Fontaine était déjà de retour chez lui. Il entrevoit l’avenir avec optimisme.

Un nouveau rein, une nouvelle vie

La vie d’Éric Fontaine a changé le jour de la fête des Mères, quand son téléphone a sonné. Un coup de fil qu’il n’attendait plus. Quelques heures plus tard, il subissait enfin la greffe de rein qu’il espérait depuis sept ans. C’est maintenant un message d’espoir qu’il souhaite livrer à ceux qui se retrouvent dans sa situation.

En attente pour un nouveau rein depuis sept ans, M. Fontaine, atteint de néphrite interstitielle, un type d’insuffisance rénale, avait tout tenté dans le passé pour se trouver un donneur compatible. Ses parents et un oncle ont tenté, en vain, de lui offrir l’organe tant attendu. Le système de donneurs croisés n’était pas la meilleure option.

Il avait également défrayé les manchettes du Québec tout entier quand, à l’été 2013, La Voix de l’Est avait rapporté en primeur qu’il était l’auteur d’une petite annonce sur le site Kijiji dans laquelle il lançait un cri du cœur pour un rein. « J’ai eu des milliers de visites, mais les seules offres que j’ai reçues provenaient d’Europe, raconte le père de famille âgé de 43 ans. On me demandait des milliers de dollars en échange d’un rein, mais au Canada, c’est illégal. »

Le fait qu’il était capable de travailler quelques heures par semaine, en plus d’avoir une santé généralement bonne grâce à la dialyse qu’il faisait chez lui l’a probablement relégué plus bas sur la liste d’attente, estime le principal intéressé. « C’est important de demeurer positif. Pour ma part, j’ai appris à vivre avec la maladie et je tenais à demeurer actif dans la mesure du possible », explique-t-il.

Le 14 mai dernier, c’est son nom qui s’est retrouvé au haut de la liste.

Appel inespéré
Quand on l’a invité à se présenter à l’hôpital pour recevoir sa greffe, Éric Fontaine n’y croyait pas. « Les deux premières années, on attend l’appel, on espère. Mais après... » laisse entendre l’homme, qui poursuit quelques instants plus tard : « À un certain moment, je pensais que ça se passerait comme à la télé : j’aurais ma greffe quand je serais sur le point de mourir... »

Il a réalisé que son attente avait pris fin... qu’une fois étendu sur la table d’opération. « Quand je suis allé à l’hôpital, je me disais que j’avais 50 % des chances de retourner chez moi. Si le rein n’avait pas été bon pour la greffe... »

Déjà, dans les heures suivant l’implantation du précieux organe, qui appartenait à un donneur de 16 ans qui venait de perdre la vie, le greffé sentait une « différence ». « C’était pratiquement instantané. Le greffon a rapidement commencé à faire son travail », relate celui qui doit tout de même prendre plusieurs médicaments pour éviter que son corps ne rejette le nouveau venu, en plus de plusieurs vitamines. « La greffe, c’est juste un traitement. Ce n’est pas une guérison », nuance-t-il.

M. Fontaine n’a que de bons mots pour le personnel de l’Hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et le centre de dialyse de l’hôpital de Granby. « Ces gens-là ont vraiment fait une différence », dit-il.

« Il faut les écouter, mais il faut aussi écouter son corps, ajoute-t-il. C’est important de rester positif et de ne jamais lâcher : on ne sait jamais quand le téléphone va sonner. »

Baignade et voyages
Dix jours à peine après son opération, M. Fontaine était déjà de retour chez lui. Il a même repris le travail, à petites doses, et songe à l’avenir avec optimisme.

« En tant que père, je n’ai pas été capable d’apprendre à mon fils [NDLR : désormais âgé de onze ans] à nager, raconte-t-il. Quand j’aurai le OK des médecins, dans deux ou trois semaines, je pourrai aller me baigner avec lui. »

Sans greffe, son médecin lui avait donné une décennie à vivre ; c’est donc dire que ses jours étaient comptés. « Je m’étais préparé à ne pas célébrer les 18 ans de mon fils, dit-il. Maintenant, c’est possible. Et peut-être qu’un jour, je vais voir l’enfant de mon fils avoir 18 ans... »

Le Granbyen rêve également de voyager, lui qui pourra enfin assister à des courses de Nascar, une de ses passions. « Et l’Ontario m’attend cet été », laisse-t-il savoir, complice.