Patrice Bernard avait été trouvé coupable de meurtre non prémédité en 2015.

Un nouveau procès de meurtre pour Patrice Bernard

Encore une fois, l’un des hommes condamnés pour le meurtre de l’homme d’affaires Alain Bernard, un crime commis à Granby en 1987, aura droit à un nouveau procès.

La Cour d’appel a statué jeudi que le juge au procès de Patrice Bernard, tenu à Granby en 2015, avait commis trois erreurs de droit et que ces manquements justifient la tenue de nouvelles audiences.

Il aurait dû exclure des déclarations faites par l’accusé et a omis de donner une directive spécifique au jury. Par conséquent, le plus haut tribunal du Québec annule le verdict de culpabilité rendu par le jury et ordonne un nouveau procès.

Complices

L’un des deux autres hommes réputés avoir participé au crime, Alain Béliveau, avait lui aussi bénéficié d’un nouveau procès en 2017, au terme duquel il a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire et de complot.

Il a alors écopé d’une peine de 25 ans de prison, mais qui compte tenu du temps de détention déjà purgé, équivalait à huit ans.

Patrice Bernard, de son côté, avait été trouvé coupable de meurtre non prémédité et a obtenu une sentence de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Le troisième complice, Anthony Tristan Bernard, a pour sa part été reconnu coupable de meurtre prémédité en 2016. Lui aussi en appelle du verdict et, par conséquent, de la peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans prononcée contre lui.

Opération

L’homme d’affaires Alain Bernard avait été tué par balle dans sa résidence de la rue Noiseux, le 31 août 1987.

Son fils Anthony Tristan, qui à l’époque était une femme et s’appelait Chantal, son neveu Patrice ainsi que leur colocataire Alain Béliveau faisaient partie des suspects à l’époque, mais n’avaient pas été arrêtés.

Ce n’est que 22 ans plus tard que le trio a finalement été accusé grâce à une opération policière de type « Mister Big ». Cela consiste à faire croire à une ou à plusieurs personnes qu’elles pourraient faire partie d’une organisation criminelle factice en échange d’aveux sur les crimes qu’elles ont commis dans le passé.

Les trois procès séparés des accusés avaient permis d’apprendre qu’Anthony Tristan Bernard aurait orchestré le meurtre afin de toucher l’héritage et l’indemnité d’un demi-million de dollars de l’assurance-vie de son père.

Alain Béliveau avait monté la garde à l’extérieur du domicile de la victime, et c’est Patrice Bernard qui aurait fait feu.