Daniel Desnoyers a perdu son poste de directeur général d’Otterburn Park en 2016.

Un nouveau DG qui a fait jaser

Le nouveau directeur général de la municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton a été au cœur d’un important litige l’opposant à son ancien employeur, la Ville d’Otterburn Park.

Daniel Desnoyers travaillait pour cette municipalité depuis plusieurs années lorsqu’il a été congédié par le conseil municipal le 22 juin 2016. Avant sa destitution, le gestionnaire avait été suspendu une première fois en juillet 2015, puis au printemps 2016.

Selon l’hebdomadaire L’Œil Régional, le congédiement de M. Desnoyers avait été entériné par la majorité des élus et justifié par son « refus de collaborer », son « comportement inapproprié » et sa « prestation de travail insatisfaisante ». La mairesse de l’époque, Danielle Lavoie, avait alors affirmé « avoir tout essayé » pour s’entendre avec le directeur général, sans succès, rapportait également L’Œil Régional.

Daniel Desnoyers n’avait pas tardé à s’adresser au Tribunal administratif du travail pour contester sa destitution et se plaindre de harcèlement psychologique. Ce dernier souhaitait notamment réintégrer ses fonctions et réclamait une compensation pour les pertes subies. Il exhortait également la Ville à mettre fin aux mesures discriminatoires ou aux représailles à son endroit.

En août dernier, dans une entente hors cour, la municipalité d’Otterburn Park s’est engagée à verser une somme de 343 475 $ à M. Desnoyers, toujours selon L’Œil Régional.

Le montant a été confirmé, lundi, par le principal intéressé. Ce dernier a toutefois insisté sur le fait que le dossier était clos.

« Oui, il y a eu litige, mais s’il y avait eu quelque chose de fondé, on serait allés en cour. Or, ça n’a pas été le cas, a noté M. Desnoyers. J’ai accepté l’entente et c’est maintenant derrière moi. Je suis passé à autre chose et je suis content de mettre mes compétences à la disponibilité d’une autre ville. J’ai encore plein de choses à offrir. »

Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin

En connaissance de cause
Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin, indique qu’au moment de l’embauche de Daniel Desnoyers, la municipalité était bien au fait de cette situation. « Le comité de sélection a regardé la trentaine de CV reçus et c’est lui qui répondait le mieux aux exigences recherchées. On a pris la décision en toute connaissance de cause, assure M. Sarrazin. J’étais au courant. On a fait des recherches et parlé à des gens... Et on en est venu à accepter sa candidature. En fait, M. Desnoyers était le meilleur candidat possible. »

En poste depuis le 3 janvier dernier à raison de cinq jours par semaine, le nouveau directeur général possédait « une fine connaissance du monde municipal et une méthodologie qui faisait défaut à Sainte-Cécile », ajoute le maire.

Ce dernier souligne que le nouveau fonctionnaire fait l’objet d’une période de probation de six mois. « On lui donne une chance. Oui, il a un historique, mais il a eu gain de cause contre Otterburn Park », rappelle-t-il.

C’est au conseil municipal, selon lui, de s’assurer du bon fonctionnement de la direction générale. « S’il y a un problème, on s’ajustera. »

Direction instable
La direction générale a connu beaucoup d’instabilité au cours des dernières années à Sainte-Cécile-de-Milton. Depuis le départ de Monique Fortin, en janvier 2014, le poste a été successivement occupé par Francine Rivest, Pierre Bell, Daniel Morneau et maintenant Daniel Desnoyers.

« On n’a pas été chanceux. Trouver un bon ou une bonne DG dans le monde municipal de nos jours, c’est tout défi », fait remarquer Paul Sarrazin.