Anne Marie Comparot
La Voix de l'Est
Anne Marie Comparot
Je rêve d’un temps des fêtes sous le signe de la simplicité, de la chaleur humaine­, de l’amour avant tout, sans tout le flafla de la surconsommation et des obligations.
Je rêve d’un temps des fêtes sous le signe de la simplicité, de la chaleur humaine­, de l’amour avant tout, sans tout le flafla de la surconsommation et des obligations.

Un Noël qui change le monde

CHRONIQUE / Ah! Les fêtes de fin d’année approchent. Ça sent déjà le sapin et les biscuits de pain d’épice dans les centres d’achat ! Et si on s’offrait un Noël vraiment nouveau cette année ? Et si on bousculait nos vieilles habitudes tant qu’à vivre de toute façon un Noël différent, COVID oblige.

Je rêve d’un temps des Fêtes sous le signe de la simplicité, de la chaleur humaine, de l’amour avant tout, sans tout le flafla de la surconsommation et des obligations.

Récemment, je suis allée avec ma fille chez Canadian Tire. On se croyait au village du père Noël. Pas de blague, c’était étourdissant et tout ce monde dans les magasins rués sur les décorations, les cadeaux en spécial, les bébelles dont on n’a pas besoin.

Selon un sondage CROP réalisé au printemps 2017, 45 % des Canadiens disent que consommer est l’un des plus grands plaisirs de la vie. Je me suis observée un instant et, moi aussi, j’avais envie de consommer. Mon cerveau m’envoyait des images de Noël de couvertures de magazines, où la famille est réunie, heureuse.

Comme si le fait d’acheter du plastique made in China allait me rendre plus heureuse. Je sentais mes yeux se dilater et je ressentais pourtant les hormones du plaisir. Je suis repartie avec des articles dont je n’avais pas vraiment besoin et ma fille me demandait tout et n’importe quoi, désorientée devant cette abondance surréaliste.

Hormones du plaisir

Qu’est-ce qui nous pousse à surconsommer ? La réponse est dans la libération d’hormones du plaisir et du désir. La publicité nous incite à acheter toujours plus et nous crée de faux besoins. Nous confondons parfois quête du bonheur avec des plaisirs rapides et éphémères.

Je ne peux m’empêcher de penser au contraste entre deux réalités : ma fille heureuse au pied du sapin de recevoir la poupée LOL demandée pour Noël, et ce jouet cheap en plastique fabriqué à l’autre bout du monde par je ne sais qui dans des conditions douteuses. Oui, ce cadeau lui procurera un plaisir, d’assez courte durée, mais peut-on réfléchir aux conséquences qu’ont ces achats sur l’environnement et les autres humains de la Terre, sur nous finalement ?

Réalisons que face à la crise climatique actuelle, la consommation aveugle du temps des Fêtes n’est plus si joyeuse que ça !

Toutefois, il y a de l’espoir, car selon la firme Léger, 46 % des Canadiens en 2018 disent avoir modifié leur comportement en ce qui a trait à la consommation, soit en réduisant le nombre de cadeaux et la nature de ceux-ci (cadeaux recyclés, fabriqués ou usagés), soit en modifiant leur menu pour des aliments locaux et moins de gaspillage alimentaire.

Dans ma prochaine chronique, je vous proposerai des idées pratiques de cadeaux différents, environnementaux et aussi socialement responsables pour passer un beau Noël.

À mettre sous le sapin, deux livres qui traitent de cette question : En as-tu vraiment besoin ? de Pierre-Yves Mcsween, et Ça commence par moi – Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde, de Julien Vidal.

L’auteure est communicatrice et donne des conférences sur plusieurs thèmes liés à l’alimentation et l’environnement. Programmation sur FB braconnieresvegetales.