Les deux principales organisatrices du Tour du silence de Bromont, Lucie Charest et Valérie Marin.

Un monument à la mémoire d’Andrée et de Clément

Pas moins de 150 cyclistes se sont rassemblés mercredi à Bromont dans le cadre du 6e Tour du silence, afin de commémorer la mémoire de deux des leurs ayant été victimes d’accidents de la route. Un monument leur étant dédié a d’ailleurs été dévoilé, faisant de la municipalité la septième au Québec à accueillir un tel symbole.

Grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux et une température particulièrement clémente, près d’une quarantaine de vélos de plus que l’an dernier ont pris part à l’événement organisé chaque année depuis 2013 à Bromont pour promouvoir un partage sécuritaire de la route entre automobilistes et cyclistes.

La structure d’acier a été dévoilée solennellement quelques minutes avant le début du Tour. La mémoire de la Bromontoise Andrée Charbonneau, fauchée par un conducteur ivre en mai 2013 et de Clément Ouimet, qui avait perdu la vie en octobre 2017 sur le mont Royal, est commémorée par une plaque installée sur le monument représentant un cycliste agenouillé. « Je souhaite qu’il n’y ait pas de nouveaux noms qui s’ajoutent », espère l’organisatrice Lucie Charest, la voix encore marquée par l’émotion.

L’oeuvre est disposée sur le bord de la route 241, devant le Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB), et permettra d’interpeller les gens tout au long de l’année selon Mme Charest, qui a oeuvré pendant plusieurs années pour que soit installé le monument.

Bromont sécuritaire
Malgré la gravité de la commémoration, les cyclistes rassemblés ne sont pas trop inquiets en ce début de saison. Les routes des environs de Bromont seraient, aux dires de plusieurs, plus sécuritaires que celles dans d’autres régions de la province. « Il y a tellement de cyclistes ici qu’on est plus conscientisés, explique Mme Charest. Tous ces gens à vélo sont aussi des automobilistes », souligne-t-elle.

Nouvellement arrivée à Bromont, Marie D’Amours constate pour sa part que les gens ont adapté leur conduite à la présence des nombreux vélos. « On ne se fait plus klaxonner et c’est très rare que les voitures nous frôlent », indique-t-elle, croyant tout de même en l’importance de participer à des événements tels que le Tour du silence.

Comme plusieurs autres participants, le Bromontois Kisio Bessette a décidé d’emmener ses enfants au Tour. Le parcours d’une longueur de 9 km était d’ailleurs adapté à toute la famille. Deux voitures de patrouille ont même encadré le peloton pour plus de sécurité.

Nouvelles règles
L’invitée d’honneur de l’événement et ancienne championne de cyclisme Katy St-Laurent reconnaît que ce ne sont pas toujours les automobilistes qui sont fautifs. « Lorsqu’on roule deux de large ou qu’on passe sur la lumière rouge alors que les voitures doivent attendre, c’est normal que ça les fâche », a-t-elle lancé aux participants.

« Sauf que lorsqu’on est à vélo sur la route, on est complètement vulnérables », a ajouté l’athlète.

Lucie Charest croit que la conscientisation doit se faire autant du côté des automobilistes que des cyclistes. Elle invite ces derniers à consulter le Code de la route et à s’informer sur les récentes modifications qui risquent d’affecter les amateurs de vélo.

Dès vendredi, les policiers pourront donner des amendes beaucoup plus salées, jusqu’à 100$, aux cyclistes délinquants. L’usage du cellulaire ainsi que le port d’écouteurs seront complètement interdits à vélo. Sur une note plus positive, les modifications du Code permettront aux municipalités d’instaurer des « vélorues » avec une vitesse limitée à 30 km/h.

Le Tour à Granby
Un Tour du silence avait également lieu à Granby mercredi soir. Les participants étaient attendus au parc Daniel-Johnson et ont parcouru le tour de la ville en passant par les rues Denison Ouest, Robinson Sud, le boulevard Leclerc Ouest pour finalement revenir au parc.

Au Québec, 24 villes participaient à l’événement, qui a maintenant une portée internationale.