Sylvain Jean avait plaidé coupable à l’accusation d’incendie criminel susceptible de mettre en danger la vie humaine portée contre lui après qu’il ait mis le feu à l’immeuble à logements situé sur la rue Gill et dans lequel il avait résidé quelque temps.
Sylvain Jean avait plaidé coupable à l’accusation d’incendie criminel susceptible de mettre en danger la vie humaine portée contre lui après qu’il ait mis le feu à l’immeuble à logements situé sur la rue Gill et dans lequel il avait résidé quelque temps.

Un incendiaire de retour en prison pour la 22e fois

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Bien que son crime soit passible de l’emprisonnement à perpétuité, un incendiaire récidiviste de Granby au casier judiciaire bien étoffé ne purgera que les 42 prochains mois derrière les barreaux, son 22e séjour en prison en un peu plus de 30 ans. Sylvain Jean vient par ailleurs d’être déclaré délinquant à contrôler pendant une période de dix ans.

En tenant compte du temps passé en prison avant sa sentence, la juge Danielle Côté a opté pour une peine inférieure à quatre ans, alors que la Couronne réclamait une peine de six ans.

M. Jean avait plaidé coupable à une accusation d’incendie criminel susceptible de mettre en danger la vie humaine après avoir mis le feu à l’immeuble résidentiel situé sur la rue Gill, où il avait habité quelque temps. Avant de commettre son crime, l’incendiaire avait pris la peine de vérifier auprès de ses voisins et de son propriétaire s’ils étaient bien assurés, leur faisant même part de son sombre dessein.

L’individu est passé de la parole aux actes en mars 2019, alors qu’il s’est rendu sur les lieux, intoxiqué par l’alcool et agressif, à la recherche du locataire de l’appartement 14. Sylvain Jean a défoncé la porte du logis avant de mettre le feu à des vêtements qui se trouvaient dans la chambre à coucher ainsi qu’au divan du salon.

Un voisin a tenté de s’interposer, mais lors de leur rencontre, un couteau est tombé du manteau de Sylvain Jean. L’accusé a également proféré des menaces de mort à l’endroit du locataire chez qui il avait mis le feu, le qualifiant «d’osti de chien sale ». L’ancien locataire avait été par la suite arrêté sur place. Il est détenu depuis ce jour.

Sur la quinzaine d’appartements que comptait l’immeuble, seuls quatre étaient vacants. Les dommages du sinistre ont été évalués à 36 500$.

Longue feuille de route

Le Tribunal a ordonné une période de surveillance d’une décennie à l’endroit de Sylvain Jean dont le risque de récidive est jugé très élevé et le casier judiciaire, riche en événements depuis ses 17 ans.

En effet, le criminel de carrière, âgé aujourd’hui de 50 ans, a écopé autant de peines d’emprisonnement ferme que dans la collectivité, de condamnations avec sursis, d’amendes et de probations dans une pléthore de dossiers impliquant différents délits: introduction par effraction, vol, vol qualifié, fraude, fabrication de faux documents, contrefaçon, complot, voies de fait, possession de biens criminellement obtenus, méfait, conduite avec facultés affaiblies, menaces, délit de fuite, tentative d’incendie criminel, voies de fait et entrave contre un agent de la paix, possession de stupéfiants, possession de stupéfiants en vue d’en faire le trafic, prise d’un véhicule à moteur sans consentement, et non-respect des engagements.

La 21e et plus récente peine d’emprisonnement de Sylvain Jean était d’ailleurs pour avoir provoqué un incendie ayant fait pour plus de 200 000$ en dommages et pour lequel son auteur a été détenu pendant 42 mois sur les quelque seize années qu’il a passées derrière les barreaux.

Le rapport présentenciel demandé par la juge ne le dépeignait d’ailleurs pas comme un enfant de choeur, mais plutôt comme « un homme institutionnalisé aux prises avec un trouble de personnalité antisocial qui n’a pas su au fil de son parcours interlope se mobiliser, et ce, en dépit de sentences significatives et de maints accompagnements ».

Peu de circonstances atténuantes

« Malgré un nombre impressionnant d’arrêts d’agir, de privation de liberté, de mesure en collectivité », il ne change pas, démontre peu de considération et d’empathie et exprime des regrets non pas à l’égard des dommages causés, mais face à son désarroi de retourner derrière les barreaux, indique le rapport, qui fait aussi état de résultats de tests psychologiques laissant entrevoir que l’accusé se situe « tout juste au niveau inférieur au seuil de qualification à la psychopathie ».

«Force est de constater que, mis à part le plaidoyer de culpabilité, aucune circonstance atténuante ne peut être invoquée dans notre dossier», a déclaré la juge Côté