Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le Granbyen Luc Veillette a été reconnu coupable d’avoir possédé et distribué de la pornographie juvénile entre mars et mai 2014.
Le Granbyen Luc Veillette a été reconnu coupable d’avoir possédé et distribué de la pornographie juvénile entre mars et mai 2014.

Un Granbyen coupable de possession de porno juvénile

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Près de quatre ans jour pour jour après avoir été acquitté une première fois de ce délit, le Granbyen Luc Veillette a été reconnu coupable lundi dernier, d’avoir possédé et distribué de la pornographie juvénile entre mars et mai 2014.

M. Veillette avait été arrêté le 15 mai 2014 dans le cadre du projet «Snapshot», mené par des enquêteurs de la Sûreté du Québec et qui visait des individus ayant rendu disponibles ou partagé des fichiers de pornographie juvénile via des réseaux de partage en ligne. Une quinzaine de fichiers ont ainsi pu être téléchargés par le sergent détective Éric Desaulniers sur le réseau Gnutella, par le biais d’une adresse IP étant associée au compte du Granbyen.

Celui-ci a été débusqué par les robots de la plateforme américaine Child Protection System qui, en navigant sur les différentes plateformes de partage d’usager à usager, ont détecté que des Internautes québécois rendaient disponibles des fichiers identifiés comme étant de la pornographie juvénile, dont certains étaient associés à l’adresse IP de M. Veillette.

Lors de son interrogatoire, qui a duré tout près de cinq heures, Luc Veillette a reconnu être l’utilisateur du matériel informatique saisi chez lui au moment de son arrestation.

Le procès initial avait mené à l’acquittement de M. Veillette en décembre 2016 en raison d’un doute raisonnable exprimé par le juge Serge Champoux. Un verdict ayant été porté en appel et mené au second procès, dont la conclusion a eu lieu lundi dernier.

Les choix de l’accusé

Ce verdict de culpabilité a été possible notamment en raison des avancées technologiques ayant permis aux enquêteurs de revoir le matériel saisi et de prouver sans l’ombre d’un doute que les mots-clés recherchés et les fichiers téléchargés «résultent de choix et d’une manipulation qui ne peut être autre que celle de l’usager du programme, en l’occurrence l’accusé».

Lors de son témoignage, ce dernier n’a pas été en mesure d’expliquer comment de la pornographie juvénile a pu être téléchargée dans son ordinateur, mais il a reconnu que de la pornographie adulte aurait pu se trouver dans son matériel informatique, notamment parce qu’il s’était fait dire que «de mettre beaucoup de contenu dans sa bibliothèque de téléchargement offert pourrait améliorer le fonctionnement. Du contenu porno aiderait aussi», peut-on lire dans le compte-rendu de la décision du juge Richard Marleau.

Celui-ci a tenu compte du fait que l’analyse policière n’a pas permis de déterminer si l’ordinateur de l’accusé avait été infecté par un virus ou non. «Il n’est donc pas inconcevable que l’activité reprochée en 2014 ne résulte pas des actes de l’accusé. Il en va de même au registre des 200 derniers mots-clés recensés. Ils ne sont pas datés, alors comment savoir s’ils proviennent de l’accusé, d’autant plus qu’il nie avoir entré la presque totalité de ces 200 entrées», dont certaines faisaient référence à de la pornographie juvénile.

Or, «quand on regarde les téléchargements qui étaient en cours, les endroits où on en retrouve, la manipulation de ces dossiers, leurs titres, la preuve que certains ont été ouverts, que d’autres étaient accessibles, qu’il était à la connaissance de l’accusé que plusieurs mots dans les titres des fichiers étaient indicateurs de pornographie juvénile et le nombre total de fichiers retrouvés, une seule conclusion s’impose : la culpabilité de l’accusé», à qui on ne peut accorder de crédibilité, a tranché le juge.

«Quant au scénario permettant d’inférer l’innocence, il ne tient pas la route. L’accusé a clairement établi avec sa façon de procéder comment de la pornographie s’est retrouvée dans son ordinateur. Qu’il en ait effacé ou supprimé importe peu. Ceux qui restent sont ses choix», a-t-il ajouté.