La demande en fraises et en framboises a été si forte cette année que Isabelle Hauver, propriétaire de la Fruitière des Cantons, a dû limiter les périodes d’autocueillette pour permettre aux fruits de mûrir entre les récoltes.
La demande en fraises et en framboises a été si forte cette année que Isabelle Hauver, propriétaire de la Fruitière des Cantons, a dû limiter les périodes d’autocueillette pour permettre aux fruits de mûrir entre les récoltes.

Un fort engouement pour les petits fruits du Québec

Avec le déconfinement qui est survenu en même temps que le début de la cueillette des fraises et d’autres petits fruits, les cultivateurs de la région ont connu un achalandage sans précédent cette année.

«Je compare ça à la folie pour le papier de toilette qu’il y a eue au printemps», illustre avec humour Isabelle Hauver, propriétaire de la Fruitière des Cantons, à Shefford. Celle qui cultive les fraises depuis cinq ans maintenant a été confrontée à un problème tout à fait nouveau : la demande en fraises et en framboises a dépassé l’offre.

Dire que les clients étaient au rendez-vous serait un euphémisme. «C’est impossible de comparer avec les années précédentes, avoue la maraîchère. On n’a jamais été obligés de faire stationner des gens dans la rue et sur la pelouse de notre maison.»

Les autocueilleurs étaient si nombreux cette année que le stationnement de la Fruitière des Cantons était rapidement rempli au maximum de sa capacité.

Il en était de même pour les champs, qui ne pouvaient accueillir qu’un nombre restreint de clients en raison des contraintes liées à la distanciation physique. Les visiteurs souhaitant remplir leurs paniers de fraises devaient donc attendre en file qu’une place se libère. «C’était vraiment trop difficile à gérer», se désole Mme Hauver.

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Les files d’attente étaient tellement longues et les cueilleurs attendaient si longtemps, parfois pour revenir les mains vides, que Mme Hauver n’a eu d’autres choix que d’arrêter l’autocueillette. «On a ouvert trois jours puis on a changé notre fusil d’épaule pour seulement vendre des paniers» de fraises déjà cueillies, explique-t-elle.

Réponse positive à l’appel du premier ministre

La maraîchère croit que cet achalandage record est en grande partie dû au fait que le premier ministre François Legault a encouragé les Québécois à consommer des produits locaux. «Ça a été entendu et ça se reflète ici», est-elle convaincue.

À la suite de ce message de M. Legault, le nombre de visiteurs a bondi à la Fruitière des Cantons. Alors que deux fois plus de personnes se sont présentées cette année pour obtenir des framboises, l’augmentation était encore plus marquée pour les fraises. «C’est une augmentation de 400%, établit Mme Hauver. Et je me garde une gêne.»

Les champs ont été vidés à une vitesse fulgurante durant les mois de juin et juillet. Pour les framboises, par exemple, malgré une saison très abondante en fruits, le rendement n’a pas été suffisant pour satisfaire toutes les personnes désirant s’en procurer.

«On a une récolte de framboises exceptionnelle, pas vue depuis plusieurs années», estime Isabelle Hauver.

Malgré tout, elle ne peut pas autoriser l’autocueillette à tous les jours, comme à l’habitude. Cette année, elle ne peut laisser les clients s’aventurer dans les champs qu’un avant-midi sur deux, parce que toutes les framboises sont cueillies en un temps record et que les fruits ont besoin de temps pour mûrir entre les récoltes.

La propriétaire estime que cette quantité de visiteurs hors du commun est également explicable par «le fait que les gens sont tous présents au Québec et pas en vacances ailleurs». Elle ajoute qu’il s’agit d’une activité extérieure à laquelle toute la famille peut prendre part.

Mme Hauver considère que seul du positif peut ressortir de cet engouement pour la cueillette et l’achat de produits locaux. «J’espère que les gens vont être au rendez-vous pour tous les producteurs, durant toute la saison», conclut-elle.