Un faucon pèlerin a été aperçu sur la corniche de l’église St-Benoît, à Granby, en fin de semaine dernière.
Un faucon pèlerin a été aperçu sur la corniche de l’église St-Benoît, à Granby, en fin de semaine dernière.

Un faucon pèlerin fait une rare apparition à Granby

Un faucon pèlerin a été aperçu sur la corniche de l’église St-Benoît, à Granby, samedi après-midi. Une apparition «peu commune», selon Normand Fleury, président du Club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska.

Sonia Foisy a été alertée par son frère de la présence de l’oiseau de proie, et celle-ci s’est empressée d’aller le prendre en photo. «Il était encore là dimanche matin. Il était près du clocher, et semblait avoir attrapé un oiseau, car il y avait beaucoup de plumes autour», dit Mme Foisy.

Sa présence près des clochers de l’église St-Benoît s’expliquerait par «la recherche de nourriture», selon Normand Fleury. «Le faucon aime chasser dans les milieux urbains et ouverts, en se tenant dans les hauteurs pour plonger en piqué vers sa proie. Sa vitesse peut aller jusqu’à 300 km/h», détaille-t-il.

Le faucon pèlerin se nourrit de petits oiseaux, et la forte présence de pigeons, moineaux et merles dans la ville peut expliquer qu’il ait choisi l’église St-Benoît comme territoire de chasse.

Sa présence n’est pas attribuable à la diminution récente de la présence humaine au centre-ville, indique M. Fleury, puisqu’ils sont parfois observés sur les corniches des églises, ou autres bâtiments hauts dans la ville.

Sans en être certain, M. Fleury avance l’hypothèse que le spécimen aperçu soit un des parents nichant au Mont Yamaska, puisqu’ils peuvent voler très vite et loin. Lui et les autres membres du Club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska n’ont pas recensé de couples nichant présentement dans la ville de Granby, mais en ont déjà observé dans les années précédentes sur le toit de l’église Notre-Dame, mais les nids ont changé de place en raison des travaux de rénovation effectués sur place.

Le faucon aime chasser en hauteur.

Espèce menacée

Bien qu’on observe une augmentation du nombre de faucons pèlerins au Québec, cette espèce maintenant considérée comme «vulnérable» a longtemps été en voie de disparition.

Le faucon pèlerin a subi un grand déclin en Amérique du Nord à la fin des années 1940 jusqu’aux années 1960. Avant 1970, l’occupation des couples nicheurs de faucon pèlerin dans le sud du Québec n’avait été documentée qu’à une douzaine de sites de nidification, dont 4 en Montérégie et 1 en Estrie.

Puis, au début des années 1970, le bannissement de l’emploi du DDT au Canada a contribué à augmenter la population de ces oiseaux de proie migrateurs. Selon les derniers recensements consultés par M. Fleury, on compterait aujourd’hui plus de 200 spécimens nichant au Québec. Un programme provincial de repeuplement a permis, de 1976 à 1994, la libération le long du fleuve Saint-Laurent de 256 fauconneaux élevés en captivité.

Approche à adopter

Que faire si on aperçoit un tel oiseau en ville? Normand Fleury assure qu’il n’y a aucun danger.

«Tous les oiseaux de proie sont protégés. Ils sont très utiles au maintien de l’équilibre dans la nature, car ils réduisent les populations de pigeons ou de moineaux, qui deviendraient trop abondantes. Il y aurait par exemple beaucoup de fientes de pigeons sur les bâtiments, ça deviendrait nuisible. Ces petits oiseaux ont été introduits par les Européens, ce ne sont pas des oiseaux qu’on avait naturellement ici.»

«Il ne faut pas s’inquiéter quand on entend parler de faucon, de hibou, ou autres oiseaux de proie, nous ne sommes pas des souris, nous n’avons rien à craindre! Il faut par contre continuer d’assurer leur protection», indique M. Fleury.

Club d’observateurs d’oiseaux

Le Club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska (COOHY) est un organisme à but non lucratif fondé en 1987 et compte environ une centaine de membres passionnés d’oiseaux. Non seulement le club organise des excursions d’observation d’oiseaux, mais il gère également 75 nichoirs dans la ville de Granby afin de protéger les espèces d’oiseaux menacées, comme les hirondelles, le merle bleu et la crécerelle d’Amérique.

«On observe une diminution allant jusqu’à 95% de certaines espèces d’hirondelles», indique le président du COOHY, qui s’occupe avec le club de différents projets de conservation et de protection. Pour en savoir plus au sujet du Club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska ou pour devenir membre, visitez le site www.coohy.org.