L’ancienne résidence de la famille St-Amant, à Acton Vale, a été utilisée par les pompiers pour mettre en pratique leurs techniques de combat. Elle était destinée à la démolition par le propriétaire actuel, un promoteur immobilier.

Un exercice spectaculaire

La maison d’enfance de Richard St-Amant s’est envolée en fumée, samedi, au 1013, rue d’Acton. L’incendie était cependant déclenché volontairement et contrôlé par les pompiers. Le plus récent propriétaire de la maison ancestrale avait vendu la résidence au Service de sécurité incendie d’Acton Vale pour que celui-ci mette en pratique différentes techniques de combat.

Le vaste terrain fourmillait de pompiers, et la scène était observée par plus d’une centaine de curieux. Le chantier de formation, ceinturé de rubans jaunes, avait de quoi impressionner ; surtout lorsque l’embrasement généralisé a été provoqué.

« C’est une maison qu’on s’est fait donner par un citoyen et le but ultime c’est que la maison soit brûlée au complet, en ayant pratiqué avant bien sûr », souligne le directeur du Service de sécurité incendie d’Acton Vale, Joël Perron, manifestant un amour évident pour son travail.

La mise à feu contrôlée d'une résidence de la rue d'Acton, à Acton Vale, a attiré plus d'une centaine de curieux.

Quatre mises à feu

La journée n’a pas été de tout repos pour les pompiers. 

« Aussitôt qu’on a commencé à vouloir faire la première mise à feu, on a eu un appel pour une odeur de fumée à la pharmacie, pas loin d’ici, explique M. Perron. On avait déjà préparé une équipe d’urgence donc, quand ça a sonné, on a envoyé cette équipe et une deuxième équipe par la suite. C’était fondé, il y avait de la fumée dans le bâtiment. Ce sont des fils qui ont brûlé. »

Ce contretemps a forcé la diminution du nombre de mises à feu de cinq, prévues initialement, à quatre — incluant celle ayant entraîné l’embrasement généralisé.

« On avait un feu de garage. On a pratiqué l’entrée par la grande porte de garage avec nos outils. On a aussi pratiqué avec la lance perforatrice, un outil qu’on a depuis longtemps, mais qu’on n’utilise pas souvent. On a eu un feu dans la salle de bain. Cette fois-ci, ce qu’on a pratiqué est l’attaque transitoire, qui est une nouvelle méthode pour faire baisser notre température des gaz à l’intérieur de la salle où le feu est pris, en arrosant de l’extérieur, pour permettre ensuite à notre équipe d’attaque d’entrer. » 

L’attaque transitoire diminue les risques pour les pompiers qui doivent entrer dans le bâtiment. 

Puis, un incendie a été provoqué dans la cuisine, dans la partie gauche de la maison. Les équipes ont attendu que le feu soit bien pris avant d’entrer pour l’éteindre.

Immédiatement après, des foyers d’incendie ont été provoqués dans différents secteurs de la résidence, comme la cave où des branches de conifères ont été placées pour faciliter la mise à feu. Rapidement, les flammes ont gagné en intensité, les fenêtres ont été brisées et le panache de fumée s’est élevé vers le ciel. La chaleur était telle que les spectateurs ont dû s’écarter de plusieurs mètres supplémentaires.

Deux mois de travail

En plus des pompiers d’Acton Vale, les services incendies d’Upton, de Sainte-Christine et de Roxton Falls étaient invités à cet exercice peu commun. Des représentants de Danville, pour la santé et sécurité au travail, et de Saint-Félix-de-Kingsey y étaient également. Le pompier de Saint-Félix-de-Kingsey avait pour responsabilité de mettre le feu. « C’est lui qui a la plus belle job », lance en riant le directeur Perron.

« C’est beaucoup de temps d’organisation. Ça nous a pris un bon deux mois de préparation pour nous assurer du succès [de l’exercice]. On y est allé avec la norme NFPA 1403, qui est une norme de mise à feu contrôlée d’un bâtiment. »

Une photo d’équipe était d’ailleurs prévue durant l’embrasement généralisé pour commémorer ce moment.

« C’est la première fois depuis que je suis en fonction qu’on fait un exercice comme ça », a souligné le maire d’Acton Vale, Éric Charbonneau, qui a même pu enfiler l’uniforme de pompier et entrer dans la résidence durant la mise à feu de la salle de bain pour constater le travail des sapeurs.

UNE PAGE DE L’HISTOIRE FAMILIALE

Cette maison de la rue d’Acton a longtemps appartenu à la famille St-Amant. Richard St-Amant y a habité dès sa naissance. Il était d’ailleurs sur les lieux lors de l’exercice de mise à feu. « Si ma mère voyait ça ! » a-t-il lâché.

Il se souvient de l’époque à laquelle son père avait des vaches et des porcs à la ferme, avant que la ville se développe autour. Le patriarche avait plus tard vendu une part de ses terres à un promoteur qui avait alors construit des édifices à logements à l’arrière du terrain. Celui-ci est tout de même demeuré immense et la grange, construite par le paternel et sa famille, tient encore debout au fond du lot. 

Lors de sa construction, la grange s’est effondrée à deux reprises, se souvient M. St-Amant, dont une fois alors qu’elle était presque terminée. Le vent dévastateur s’était levé. Cette grange sera démolie ultérieurement. Samedi, les pompiers ne se sont attardés qu’à la maison et son garage.

Selon Richard St-Amant, la maison aurait été construite dans les années 1880 à côté des anciennes lignes de chemin de fer, aujourd’hui converties en piste cyclable.

Lors du décès de son père, en 1998, il a racheté la maison à sa mère. Il s’est lui-même départi de sa demeure d’enfance en 2012. Le dernier acquéreur a souhaité la faire démolir pour construire quelques jumelés.