Jean-Guy Stratford-Robert à son arrivée au palais de justice de Saint-Hyacinthe, mardi.
Jean-Guy Stratford-Robert à son arrivée au palais de justice de Saint-Hyacinthe, mardi.

Un ex-policier de Bromont acquitté d'une accusation d'agression sexuelle

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Un état d’ébriété avancé, mais non sévère, rend-il invalide la notion de consentement lors d’une relation sexuelle? Non, a indiqué la Cour du Québec, mardi, en acquittant un ancien policier de Bromont d'une accusation d’agression sexuelle ayant causé des lésions.

La poursuite reprochait à Jean-Guy Stratford-Robert, 29 ans, d’avoir profité de l’état d’ivresse d’une femme rencontrée lors d’une fête tenue en août 2018 en Montérégie.

Quelques minutes après leur rencontre, le duo s’est embrassé et s'est dirigé vers une institution bancaire près de laquelle ils ont eu un rapport sexuel, à l’extérieur.

Durant la soirée, la femme de 20 ans avait bu beaucoup d’alcool. Le lendemain, elle a dit ne pas se souvenir de tous les faits de la veille et a ensuite hésité à porter plainte à la police, ce qu’elle a finalement fait.

Or, compte tenu des faits rapportés au procès tenu au palais de justice de Saint-Hyacinthe, la présumée victime a «exprimé un consentement à cette relation sexuelle», estime la juge Lise Gaboury, en ajoutant que ce consentement était valide.

Désinhibition

La plaignante était dans «un état d’ébriété modéré» selon un témoin expert appelé à témoigner en cour.

Cette condition entraîne «des problèmes d’équilibre, de coordination et de motricité», mais «pas la perte de la connaissance de la nature des gestes auxquels on s’apprête à s’adonner ni la perte de la capacité d’y mettre fin», retient la magistrate dans son jugement.

La preuve déposée est également à l'effet que la femme était capable de se tenir debout, de marcher et de parler.

«L’alcool désinhibe, ce qui peut entraîner des personnes à dire ou faire des choses qu’elles ne feraient pas normalement, ce qui ne veut pas dire que la personne ne voulait pas dire ces paroles ou ne voulait pas poser les gestes.»

La femme de 20 ans avait activement participé à la relation sexuelle, mentionne la juge, avant d'y mettre fin à la suite de douleurs. Elle a ensuite demandé à l’accusé son numéro de téléphone, ce qu’il a refusé.


« Je suis content d’être acquitté, mais j’ai eu des conséquences importantes de tout ça. Et aux yeux de bien des gens, je reste coupable. »
Jean-Guy Stratford-Robert

Immaturité

Au procès, M. Stratford-Robert a reconnu que son comportement au cours de toute cette soirée avait été «immature et irresponsable», mais que selon lui «rien ne pouvait laisser présager qu’elle [la plaignante] ne pouvait consentir».

«C’est allé beaucoup trop loin selon moi», a-t-il déclaré lorsqu'interrogé après l’audience au sujet de l’accusation déposée.

«Je suis content d’être acquitté, mais j’ai eu des conséquences importantes de tout ça. Et aux yeux de bien des gens, je reste coupable.» La plaignante n'était pas à l'audience.

Originaire de Waterloo, M. Stratford-Robert était policier à Bromont au moment des faits reprochés, et il a été congédié peu après.

Il était défendu par Me Pierre Joyal et Me Lydie Ntap, tandis que Me Marie-Claude Morin menait la poursuite.