La métamorphose de l'escalier extérieur principal du Centre culturel France-Arbour est une invitation à entrer, fait valoir Vie culturelle et communautaire de Granby, l'instigatrice du projet. « On espère que l'escalier va piquer la curiosité des gens, et qu'une fois en haut des marches, ils pousseront la porte de l'édifice pour découvrir tout ce qu'on y retrouve », dit Jean-Olivier Grégoire Fillion, coordonnateur à la vie communautaire.

Un escalier aux airs de piano

L'escalier extérieur en façade du Centre culturel France-Arbour a désormais l'air d'un clavier de piano, au sens propre comme au figuré ! Chacune des 15 marches menant à l'entrée principale représente une touche et en reproduit la note, au fur et à mesure qu'on les gravit. Rendu en haut, sachez que vous aurez pianoté deux gammes de do !
Cette création à la fois artistique et ludique a été dévoilée mercredi après-midi par Vie culturelle et communautaire, l'organisme derrière ce projet. L'idée n'a donc rien à voir avec la campagne «Granby est Zoo» qui se déroule depuis quelques semaines, affirme Jean-Olivier Grégoire Fillion, coordonnateur à la vie communautaire.
« Ce n'est pas la Ville qui nous a demandé de faire un truc le fun, c'est notre idée à nous, et on travaille là-dessus depuis deux ans », laisse-t-il savoir.
« Le seul lien qu'on peut trouver entre les deux, c'est l'aspect ludique de la chose », ajoute-t-il du même souffle.
La Ville étant propriétaire de la bâtisse, elle n'a eu qu'à donner son aval au projet, qui a nécessité un investissement de quelque 8000 $.
Jouer avec les thématiques
Le mécanisme derrière cette installation 100 % granbyenne est assez simple, explique Jean-Olivier Grégoire Fillion. « Ça fonctionne avec des capteurs à infrarouges disposés de chaque côté des marches. En montant, on coupe le rayon, ce qui déclenche un signal sonore, en l'occurrence la note. »
Cette façon de faire permet de facilement changer de sons, si bien qu'on pourrait éventuellement entendre des rires de sorcière à l'Halloween ou des Ho ! Ho ! Ho ! de père Noël dans le temps des Fêtes, laisse entendre le coordonnateur à la vie communautaire.
Tout ce système, imaginé et installé par Jonathan Boucher Cormier, est protégé par un coffrage en acier inoxydable, ce qui permet un fonctionnement à l'année, beau temps mauvais temps.
Une invitation à entrer
Selon Vie culturelle et communautaire de Granby, on retrouve plusieurs escaliers musicaux dans différentes villes du monde, telles que Stockholm, Paris, Milan, São Paulo, Hangzhou et Sydney, mais il s'agirait de la première installation du genre au Canada. C'est d'ailleurs une vidéo montrant un de ces escaliers sur les médias sociaux qui a inspiré l'organisme municipal à importer l'idée chez nous.
Les gens sont plus portés à emprunter l'escalier dans 65 % des cas plutôt que l'ascenseur quand il a un aspect ludique, relevait le maire de Granby, Pascal Bonin, lors du dévoilement tenu mercredi. Si VCCG se félicite de ce petit pas pour inciter les gens à bouger, c'est davantage la volonté d'attirer plus de gens dans le Centre culturel France-Arbour qui a motivé la réalisation de cet escalier.
« C'est une invitation à venir à l'intérieur du Centre, lance Jean-Olivier Grégoire Fillion. Il y a plein de vie ici, ça bourdonne d'activités avec la salle d'exposition, les ateliers d'artistes, etc. On espère que l'escalier va piquer la curiosité des gens, et qu'une fois en haut des marches, ils pousseront la porte de l'édifice pour découvrir tout ce qu'on y retrouve. »
Pascal Bonin a aussi souligné le clin d'oeil artistique que cette installation ludique vient faire aux nombreux pianos publics ainsi qu'au Festival de la chanson, deux références culturelles d'importance pour la ville de Granby, au même titre que les animaux colorés disséminés ici et là le font avec l'emblématique Zoo.
À savoir si cet escalier musical est le premier d'une série de créations à caractère artistique, le coordonnateur à la vie communautaire ne ferme pas de portes, tout en ne confirmant rien. « Notre plan de départ était de faire un projet unique, mais peut-être que oui, il y en aura d'autres », laisse-t-il entendre.