Des fleurs et des peluches ont été déposées près des décombres, au lendemain de l'incendie qui a coûté la vie à un enfant de 4 ans à Dunham.
Des fleurs et des peluches ont été déposées près des décombres, au lendemain de l'incendie qui a coûté la vie à un enfant de 4 ans à Dunham.

Un enfant de 4 ans périt dans un terrible incendie

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Une vague de solidarité a déferlé au lendemain du violent incendie qui a fait une jeune victime, dans la nuit de vendredi à samedi à Dunham. Un garçon de quatre ans, qui se serait vraisemblablement perdu en tentant de rejoindre la sortie, a été retrouvé sans vie dans les décombres de la maison unifamiliale, rue des Cajuns. Selon les premiers éléments d’enquête, le sinistre serait probablement­ d’origine électrique.

Alertée par l’avertisseur de fumée, vers minuit, la mère de deux garçons âgés de 4 et 2 ans est allée chercher ses fils dans leurs chambres pour évacuer la maison, explique Patrick Cournoyer, directeur du service incendie de Dunham. « Quand elle est arrivée au rez-de-chaussée, c’est là que le petit s’est perdu. » Pour une raison qu’on ignore, il aurait lâché la main de sa mère.

« Il s’est perdu dans l’épaisse fumée, ajoute le sergent Daniel Thibodeau, de la Sûreté du Québec­. Tristement, les pompiers ont découvert son corps au rez-de-chaussée vers 4 h 30. »

Le père de la victime est revenu d’une sortie peu après l’arrivée des pompiers. « Il a voulu entrer à l’intérieur, raconte M. Cournoyer­. Je l’ai vraiment retenu de force pour pas qu’il entre. Malgré l’intensité du feu, il me poussait, il me frappait. Finalement j’ai réussi à le retenir et il est allé rejoindre sa femme sur le terrain des voisins. »

En état de choc, le père a été transporté à l’hôpital avec sa conjointe et son plus jeune fils. Ces derniers ont été traités pour inhalation de fumée et pour quelques brûlures, reprend le sergent Thibodeau.

Les pompiers n’ont malheureusement rien pu faire pour sauver l’enfant, même si les premiers hommes sur place sont arrivés cinq minutes après l’appel initial. L'enquête a transférée à la SQ, puisqu’il s’agit d’un incendie mortel.

D’une rare intensité

Un premier appel a été logé aux pompiers à minuit deux et il a été suivi de plusieurs autres. 

Patrick Cournoyer n’avait jamais rien vu de tel. « Quand on est ar­rivés, c’était un embrasement généralisé sur les deux étages de la maison, décrit-il. C’était impossible de faire une attaque offensive. Dans la rue, on avait de la misère à supporter la chaleur du brasier, ça veut dire que c’était intense. Quand c’est rendu que le feu tourbillonne sur lui-même, c’est qu’il est rendu à son plus haut point d’intensité de chaleur. À l’entrée du village, on sentait déjà l’odeur de la fumée. Aux terrains de tennis, on voyait une lueur dans le ciel. Et quand j’ai pris le chemin Maska pour la rue des Cajuns, il y avait des tisons partout, ça me faisait quasiment penser aux feux de forêt en Californie­. Le ciel était illuminé de tisons. En 21 ans de métier, je n’ai jamais vu une maison brûler avec cette intensité-là. »

La fabrication des maisons aujourd’hui se fait avec des matériaux plus faibles, affirme le directeur du service incendie, ce qui les rend moins résistantes à la chaleur et aux incendies. 

Les pompiers n’ont malheureusement rien pu faire pour sauver l’enfant, même si les premiers hommes sur place sont arrivés cinq minutes après l’appel initial. 

Les sapeurs de Dunham ont appelé en renforts leurs confrères de Sutton, Bedford, Cowansville, Frelighsburg et Stanbridge East, qui ont fourni des hommes et des camions-citernes pour l’alimentation en eau. Environ 45 pompiers ont combattu l’intense brasier.

Environ 45 pompiers ont combattu l’intense brasier qui a complètement détruit la résidence.

Entraide

La Croix-Rouge a été dépêchée sur les lieux pour prendre en charge les sinistrés pour 72 heures après leur sortie de l’hôpital, samedi­ après-midi. 

Parallèlement, une collecte de fonds a été lancée par une citoyenne sur la plateforme GoFundMe (gofundme.com/please-help-dunham-­family-in-need) pour venir en aide à la famille endeuillée. 

À coups de 20 $, 50 $, 100 $, 250 $, l’objectif de 5000 $ a été largement dépassé en moins de 24 heures. Déjà vers 13 h, dimanche, 9815 $ avaient été récoltés grâce à plus de 170 généreux donateurs.

Parallèlement, les témoignages de sympathie affluaient. « Il n’y a aucun mot pour exprimer ce que vous vivez. Restez forts et unis », a écrit une personne.

« Toutes nos pensées volent vers vous », a ajouté une autre. « Sending so much strenght and love », renchérissait une troisième.

Près des décombres, des fleurs et des peluches avaient été déposées sur le terrain. 

Cette tragédie vient mettre fin abruptement à une période de deux ans sans incendie à Dunham­. Le dernier sur le territoire avait touché le 30 septembre 2015 une résidence pour aînés, qui avait subi de lourds dommages.

Puisqu’il s’agit d’un incendie mortel, l’enquête a été transférée à la SQ. La thèse d’un problème électrique était privilégiée ce week-end par les enquêteurs.