L’encanteur Daniel Paul-Hus affirmait que ce genre d’encan est particulièrement rare au Québec.

Un encan pour la succession du curé Lemay

Un encan un peu spécial s’est tenu à Ange-Gardien, samedi matin. Les objets ayant appartenu au curé Léo Lemay, décédé à l’âge de 79 ans en mars dernier, ont été vendus au plus offrant au profit de sa succession, attirant ainsi plusieurs curieux.

« Moi je suis plus spécialisé dans les encans agricoles : je vends des vaches et des tracteurs. En 45 ans de métier, je pense que j’ai jamais encore fait ça » affirmait l’encanteur Daniel Paul-Hus, quelques instants avant le début des enchères.

Tôt samedi matin, des dizaines de curieux déambulaient dans le presbytère situé à quelques pas de l’église d’Ange-Gardien.

Plusieurs avaient l’impression de violer un interdit en observant les objets ayant appartenu à un religieux et en pénétrant dans les pièces habitées par le curé Léo Lemay jusqu’à la fin de ses jours.

« C’est sûr que ça attire plus de gens. Ça risque de faire monter les prix », estime l’encanteur d’expérience.

Malgré la curiosité de l’encan, Daniel Paul-Hus tenait à ce que les choses se passent rondement.

« On vend les objets d’un saint homme, je veux pas de problèmes ! » a-t-il lancé au début des enchères.

Parmi les objets les plus surprenants se trouvaient un lot de couteaux et canifs divers, des statuettes d’Afrique, des objets rappelant les Premières nations, une machine à poker ou encore des boites contenant des disques 78 tours datant des années 1920 et 1930.

Le curé Lemay était un grand collectionneur.

« C’était visiblement un homme qui aimait collectionner et qui avait de la difficulté à jeter ses choses », croit Daniel Paul-Hus.

Les lots contenaient également des objets religieux ou banals de la vie courante comme des électroménagers ou une voiture.

L’historien Gilles Bachand de la Société d’histoire des Quatres-lieux y a également fait son petit tour. « Il y a quelques pièces qui ont une valeur patrimoniale », admet le président de la société d’histoire.

Malgré cela, les objets du défunt se retrouveront dans des collections privées, partagées entre les amateurs.

Presbytère vacant
L’abbé Lemay était particulièrement apprécié de ses ouailles.

« C’est l’un des derniers curés à mourir dans ses fonctions », rappelle l’historien.

À Ange-Gardien comme dans l’essentiel dans églises du Québec, la désertion des fidèles force les fabriques à se questionner quant à l’avenir des bâtiments religieux. Le curé Lemay ne sera pas remplacé à Ange-Gardien. Selon l’historien Bachand, un religieux de l’extérieur se déplacera pour les cérémonies religieuses.

Le presbytère demeurera ainsi vacant.

L’historien Gilles Bachand estime que certains objets avaient une valeur patrimoniale pour la région.

« Je suis inquiet pour l’avenir du bâtiment. Est-ce qu’il sera loué, vendu ? C’est à suivre en tout cas », ajoute l’historien.