« Je passais par le quartier de Notre-Dame quand j’ai vu une épaisse fumée jaunâtre sortir de la face nord, à la base de la flèche, a raconté Laurent Busseau. J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose d’inhabituel. »

Un Dunhamien témoin de l’incendie de Notre-Dame de Paris

L’historien Laurent Busseau a vécu de près le terrible incendie de Notre-Dame de Paris. Le Dunhamien d’adoption est retourné dans son pays d’origine pour mener des recherches historiques et a été témoin du violent brasier.

« Je passais par le quartier de Notre-Dame quand j’ai vu une épaisse fumée jaunâtre sortir de la face nord, à la base de la flèche, raconte-t-il dans un échange écrit avec l’auteure de ces lignes. J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose d’inhabituel. »

Impuissant, il a regardé de loin le fil des événements, de l’autre côté de la Seine, à 150 mètres de la cathédrale. En moins de vingt minutes, il a vu les premières flammes apparaître. Les touristes et Parisiens ont commencé à s’arrêter eux aussi.

« Le chaos a commencé dans les rues autour de la Seine, car les voitures bloquaient l’accès aux policiers et aux pompiers. »

Comme historien, il s’est dit particulièrement affecté par les ravages causés au monument le plus visité d’Europe.

« Surtout comme ancien médiéviste, et puis aussi comme Français. Ce monument est avant tout un symbole touristique et historique de Paris... La flèche est tombée, en feu, en deux étapes et les gens autour de moi, qui filmaient ou commentaient en toutes langues l’événement, sont devenus silencieux. D’un coup, beaucoup de gens ont réalisé la catastrophe. Personnellement, je suis très touché par ce qui vient de se passer. C’est un deuil, car la chute de la flèche annonçait bien la fin de Notre-Dame parce qu’elle est tombée au centre. Le brasier et la fumée jaunâtre ont été d’une puissance extrême. Les Parisiens ont la “grosse boule dans gorge”, je peux vous le dire pour l’avoir vu. »

M. Busseau est de passage en France pour des recherches et une conférence qu’il présentait au service historique de la défense à Rochefort. Il poursuit son périple à Aix en Provence pour consulter les archives coloniales de la Nouvelle-France aux Archives nationales d’outre-mer.

Bien malgré lui, il a assisté à l’écriture d’une nouvelle page d’histoire. « Une mauvaise page d’histoire pour Paris qui n’avait vraiment pas besoin de ça après toutes les émeutes. Ici, beaucoup de vitrines sont brisées et rafistolées. Peut-être que cet incendie est une providence qui va calmer la tension palpable dans le pays. »