Lisa Auclair, copropriétaire du Café de la brûlerie, et Donald Martin ont lancé une campagne de financement pour aider la famille de Rosalie pendant qu'elle combat la maladie. Son frère Félix-Antoine Thibault, au centre de la photo, lui fera le don de la moelle osseuse jeudi.

Un don inestimable pour Noël

Félix-Antoine Thibault réservait une surprise de taille à sa jeune soeur Rosalie, atteinte d'une forme agressive de leucémie, à l'anniversaire de celle-ci en octobre. « Nous ne sommes pas tant proches... mais nous sommes compatibles à 10/10, lui a-t-il annoncé au terme un long préambule, déclenchant des larmes de joie. Pour avoir droit à ma moelle osseuse, tu devras me donner tout un câlin. » Son don se fera juste avant Noël et pourrait permettre de lui sauver la vie.
«Rosalie est combattante, elle est tout le temps de bonne humeur», raconte son frère Félix-Antoine Thibault.
Ce moment important pour la famille Germain-Thibault a été croqué en vidéo. Le reste de la scène n'est pas difficile à imaginer. La Granbyenne de 17 ans ne pouvait apprendre une plus belle nouvelle, elle qui vit à l'hôpital Sainte-Justine depuis le 24 août. 
Ce jour-là, tout a basculé pour Rosalie et sa famille. Elle consultait pour des symptômes de grippe ; on lui a diagnostiqué un cancer.
La forme de leucémie qui attaque son corps peut difficilement être guérie sans greffe de moelle osseuse. « Ils regardent les frères et soeurs parce qu'ils ont plus de chance d'être compatibles (25 %). Ma soeur Maxime et moi, on a accepté tout de suite de passer les tests, raconte Félix-Antoine, attablé au Café de la brûlerie où il travaille à temps plein pour aider sa mère à payer les factures. Pas longtemps après, on a reçu les résultats. J'ai les mêmes 10 marqueurs (que Rosalie). Mon autre soeur n'était pas autant compatible que moi. »
Sans hésitation, il a accepté de passer à l'étape suivante. Mercredi, Félix-Antoine entrera à l'hôpital Sainte-Justine, où il subira une dernière batterie de tests. Il doit être en pleine santé pour poursuivre, c'est pourquoi il porte un masque. Jeudi, lui et sa soeur seront sur la table d'opération en matinée pour la greffe. 
« Je voulais que ce soit moi qui puisse lui faire un don. Comme à Sainte-Justine, c'est souvent des enfants plus jeunes que Rosalie, leurs frères et soeurs sont aussi jeunes et ils ne peuvent pas enlever beaucoup de moelle osseuse. C'est rare qu'ils aient un donneur de 22 ans. Ils sont super contents parce qu'ils peuvent m'en enlever beaucoup. Ils ont dit peut-être jusqu'à un litre. »
Cellules souches
Un don de cellules souches parfaitement compatibles et en aussi grande quantité va certainement l'aider dans sa guérison, croit le jeune homme. 
Entre-temps, Rosalie garde le moral. Même si elle a dû sacrifier sa longue chevelure à la veille de la prise de sa photo de finissante. Même si son secondaire cinq, elle le fait à l'hôpital. Les cours de conduite et le bal de finissants, eux, sont sur la glace pour l'instant. 
Les médecins se sont toutefois assurés que, si tout va bien, la jeune fille pourra sortir de l'hôpital juste à temps pour cette fête qui marque la fin du secondaire. 
« Rosalie est combattante, dit son frère. Elle est tout le temps de bonne humeur, elle a du fun avec les infirmiers, elle est capable de se remonter le moral elle-même lorsqu'elle a un down. Elle est amie avec tout le monde, elle a une joie de vivre énorme, est souriante et facile d'approche. Elle me surprend beaucoup en ce moment avec sa force. »
La campagne « On torréfie pour Rosalie » se termine mercredi, sauf avis contraire.
Une collecte de fonds en cours
La maladie de Rosalie a été un choc terrible pour sa mère Marie-Soleil Germain, son beau-père Mathieu, sa soeur Maxime et son frère. « On ne s'attendait pas à ça. Ma mère vit à l'hôpital Sainte-Justine à temps plein. Il y a un lit de campement et elle dort là-dessus. Elle est rentrée le 24 août avec ma soeur et, depuis, sa vie s'est complètement arrêtée », raconte Félix-Antoine.
Donald Martin, un client régulier des Tim Hortons que sa mère gère à Bromont et à Waterloo, a été bouleversé en apprenant la nouvelle, dit-il. Il a donc pris l'initiative de collecter des fonds pour aider cette famille tissée serrée. Il a mis sur pied un fonds d'entraide et a vendu 300 coffrets de fromages fins d'Agropur dans l'entrée du Café de la brûlerie. Il a écoulé son stock en moins d'une semaine. 
Son idée a fait des petits. Les patrons de Félix-Antoine, Maxime Poulin et Lisa Auclair, ont décidé d'offrir à la famille 10 $ par sac vendu du café de la semaine. Ils ne gardent que 4 $ par sac. Au moment du passage de La Voix de l'Est samedi, Mme Auclair disait avoir vendu environ 300 sacs de café depuis le 11 décembre alors qu'en temps normal, il s'en écoule entre 60 à 100. 
La campagne « On torréfie pour Rosalie » se termine mercredi, sauf avis contraire. Les propriétaires du café ont aussi lancé une campagne en ligne (gofundme.com/ensemble-100-pour-sang-rosalie), une page Facebook 100 pour sang pour Rosalie et une page Web sur le site du commerce pour suivre l'évolution de la greffe de moelle osseuse.
« Les sous viennent aider à tout payer, explique Félix-Antoine Thibault. Juste le stationnement, c'est 80 $ par mois par auto. Il y a aussi l'essence : Sainte-Justine c'est à un petit bout. Ça sert aussi à aider ma mère à faire ses paiements. Ça fait quatre mois qu'elle ne travaille pas. Je travaille beaucoup en ce moment pour l'aider financièrement. L'argent va servir à donner un lousse à tout le monde. On veut passer le maximum de temps à Sainte-Justine. »
La réponse des donateurs a été plus généreuse qu'espéré et touche beaucoup la famille, d'autant plus que plusieurs leur sont inconnus. « C'est énorme ! »
Quant à la suite des choses, Rosalie sera en isolement pendant au moins 45 jours. La nourriture qu'elle va manger devra être congelée avant d'être décongelée afin de tuer toute bactérie. Le greffon va s'installer dans le corps de la combattante. « Il faut que le greffon se régénère pour recréer toute la moelle osseuse, mais pendant ce temps-là son corps ne fait pas de globules blancs et rouges, donc son système ne peut pas la protéger », explique le grand frère.
Il ne leur restera ensuite qu'à lui souhaiter très fort de pouvoir aller à son bal de finissants en pleine forme. Cynthia Laflamme