Un «désert vert»

La vente presque systématique de semences enrobées de pesticides de la classe néonicotinoïdes dans les monocultures sème l'inquiétude dans les cercles apicoles et environnementalistes (voir encadré).
La friction des semences à l'intérieur du semoir soulève des poussières nocives au cheptel de François Dubreuil. «Nous détectons des traces de ce produit dans le cadavre des abeilles depuis quelques années, soutient-il. Faut-il revoir sa méthode d'utilisation? Doit-on utiliser ces pesticides mur-à-mur? Je recherche une solution équitable pour tout le monde», s'interroge-t-il.
L'apiculteur Stephen Crawford de la ferme Les trois acres à Dunham est partisan d'un bannissement des néonicotinoides. «Malheureusement, je doute que cela se fasse. Les compagnies fabricantes ont un pouvoir énorme.»
Contexte défavorable
Le médecin vétérinaire Claude Boucher estime que le contexte agricole actuel n'est guère favorable à l'apiculture. «La majorité des colonies sont en milieu agricole où fait on fait usage de ce type de pesticides, ce qui n'a rien de bon pour les abeilles. Ajoutons à cela la raréfaction de la biodiversité, car elles ont besoin de fleurs pour vivre. Un champ de maïs à perte de vue est une sorte de désert».
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