Le professeur d’espagnol Diuval Capdevila et la directrice de l’école Bee Lingue, Nancy Allen

Un cours d’espagnol pour mieux communiquer avec les travailleurs saisonniers

La belle saison arrive à grands pas avec ses saveurs, ses splendeurs, et aussi ses besoins en main-d’œuvre. Pour les aider à bien communiquer avec leurs employés saisonniers hispanophones, l’école Bee Lingue offrira le mois prochain un cours introductif d’espagnol aux producteurs agricoles de la région qui s’apprêtent à accueillir des centaines de travailleurs étrangers.

Des statistiques compilées par la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME) indiquent qu’en 2016, plus de 5000 Mexicains et plus de 4600 Guatémaltèques sont venus travailler dans les fermes du Québec, ce qui représente respectivement 54 % et 44 % des travailleurs étrangers embauchés pour cette période. Bien que le nombre de travailleurs étrangers a augmenté l’an dernier, la proportion d’employés provenant de ces deux pays hispanophones est demeurée la même. La Montérégie demeure la région accaparant le plus grand nombre de ces travailleurs, soit un sur deux.

« Les entreprises agricoles recrutent de plus en plus de travailleurs étrangers, et plusieurs ne parlent pas français », constate la directrice de l’école, Nancy Allen.

Installée à Farnham, l’école Bee Lingue a déjà offert le service l’été dernier, à la demande d’une entreprise qui y avait inscrit une dizaine d’employés. « Cette année, on a huit personnes dans des fermes laitières qui ont déjà manifesté leur intérêt à suivre un cours », ajoute Mme Allen.

Qui plus est, les membres de la Fédération de l’Union des Producteurs agricoles de la Montérégie verront la moitié des frais du cours couverts par une aide financière du Collectif en formation agricole.

Vocabulaire précis
La formation d’une durée de quinze heures abordera spécifiquement le vocabulaire et les expressions utilisées dans le milieu agricole. Diuval Capdevila s’est rendu sur des fermes afin d’en apprendre davantage sur les différents termes à enseigner aux producteurs. Comme certains termes sont plus spécialisés, lui-même a enrichi son vocabulaire en cours de route. « Il y a des outils que je ne connaissais pas ! C’est avec ce que j’ai appris que j’ai préparé le cours », explique le professeur d’espagnol.

Évidemment, M. Capdevila devra aussi y intégrer l’élémentaire de l’espagnol, l’alphabet et des verbes. « Je ne mets pas l’emphase sur la grammaire. J’essaie plutôt de donner des trucs pour communiquer le plus facilement », explique-t-il.

D’origine cubaine, il doit aussi adapter son cours au fait que les employés sont originaires d’une autre région du monde. « On parle tous la même langue, mais entre l’espagnol des Antilles et celui de l’Amérique du Sud, il y a autant de nuances que le français parlé au Québec et celui parlé en France », indique le professeur.

Les cours se dérouleront du 30 avril au 30 mai, à raison de deux séances d’une heure et demie par semaine, en avant-midi. Nancy Allen n’exclut pas la possibilité de former plusieurs classes si la demande y est. Un minimum de huit personnes est nécessaire pour former un groupe. « À ce moment-là, ça pourrait être aussi bien l’après-midi que le soir ou le samedi », illustre la directrice, également ouverte à ce que la formation soit dispensée à la ferme.

L’école propose aussi aux producteurs d’inscrire leurs employés hispanophones à des classes de français.