La méthode proposée par Mme Girard est une alternative au traditionnel coup de fil aux policiers et permet aux victimes de faire savoir au monde extérieur que les victimes de violence conjugale ont besoin d’aide immédiatement.
La méthode proposée par Mme Girard est une alternative au traditionnel coup de fil aux policiers et permet aux victimes de faire savoir au monde extérieur que les victimes de violence conjugale ont besoin d’aide immédiatement.

Un code secret pour secourir les victimes de violence conjugale

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Grâce aux réseaux sociaux, la propriétaire d’un salon de coiffure de Bromont propose aux personnes victimes de violence conjugale d’appeler discrètement à l’aide, de manière subtile et ingénieuse.

«Si vous êtes actuellement coincé en isolation avec quelqu’un qui est abusif, envoyez-moi un message me demandant si je vends toujours mes produits. Si vous envoyez un message spécifique sur le maquillage, je vous demanderai votre adresse pour la livraison et je contacterai la police pour vous. Tu n’es pas seul!» écrivait Caroline Girard, propriétaire du salon Chromatik, sur Facebook.

L’idée émane d’une de ses amies de Québec, également coiffeuse, indique Mme Girard. Depuis, d’autres femmes un peu partout ont repris l’initiative à leur manière, à l’exemple d’une artiste peintre de l’Ontario qui propose pour sa part de participer au «tirage» d’une de ses toiles.

«J’ai trouvé l’idée fantastique, confie la Bromontoise, qui offre d’ordinaire quelques heures de son temps au Centre Marguerite Dubois. J’ai déjà vécu de la violence psychologique, mais je n’ose même pas imaginer ce que certaines personnes vivent en ce moment. Ça doit être invivable.»

Pour les victimes de violence, il est parfois difficile d’appeler à l’aide dans le secret de l’agresseur. Plusieurs, de crainte de voir celui-ci se venger d’avoir été dénoncé, n’osent pas contacter la police.

Abus et confinement

«Il y a des couples qui, même avant le confinement, se trouvaient déjà dans une situation abusive. Ça peut avoir empiré avec le confinement et comme les enfants sont à la maison, ils peuvent eux aussi en être témoins», poursuit la mère de famille.

La méthode proposée par Mme Girard est donc une alternative au traditionnel coup de fil aux policiers et permet aux victimes de faire savoir au monde extérieur qu’elles ont besoin d’aide immédiatement.

Cela rappelle l’initiative implantée dans plusieurs bars du Québec, mais aussi du monde entier, où les personnes en détresse peuvent commander un «angelot», avec ou sans glace ou avec de la lime, ce qui permet de faire comprendre aux employés du bar l’urgence de la situation de même que la manière dont le client souhaite être aidé, en appelant un taxi ou la police, par exemple.

Pour le moment, Mme Girard n’a pas encore eu besoin de mettre son plan en application, la Bromontoise n’ayant pas reçu d’appel à l’aide. «Je serais contente d’aider si quelqu’un me contactait, mais si je ne reçois pas de message, ça me rassurerait aussi! dit-elle. Dans tous les cas, je suis super facile à trouver.»