Dre Linda Pinsonneault, de la Direction de la santé publique de l’Estrie.

Un cinquième cas de légionellose à Granby

Alors que la Direction de la santé publique (DSP) de l’Estrie enquête depuis des semaines pour trouver la source de l’éclosion de légionellose à Granby cette année, un nouveau cas vient de s’ajouter, portant le nombre à cinq. La DSP continue ses recherches pour élucider le mystère.

« Même s’il y a un nouveau cas, on ne réussit pas à trouver un point commun [concluant]. Mais on ne lâche pas le morceau », a indiqué Dre Linda Pinsonneault, de la DSP de l’Estrie.

L’organisation croyait que la propagation de la légionellose avait été endiguée à Granby l’an dernier. Neuf personnes avaient alors contracté la bactérie legionella au cours de la saison chaude. Or, le dossier a été remis sur la table, car quatre citoyens de Granby ont été contaminés en 2018, dont deux en septembre, a révélé La Voix de l’Est. L’une de ces personnes est d’ailleurs décédée après son admission aux soins intensifs. Le cinquième cas a été recensé « à la fin de la première semaine d’octobre », a mentionné Dre Pinsonneault.

Notons que ce type d’infection touche en moyenne une à deux personnes durant la saison estivale en Estrie. Cette maladie microbienne, s’attaquant aux poumons et provoquée par la bactérie, se transmet par l’aspiration de gouttelettes d’eau la contenant. Le pic « normal » de légionellose s’étend de juillet à octobre.

Proliférant généralement dans les tours de refroidissement, les bactéries peuvent également se développer, entre autres, dans des pommeaux de douche et des chauffe-eau. À ce chapitre, la représentante du CIUSSS a souligné que 20 % à 40 % des chauffe-eau électriques sont contaminés par la legionella. Pour éviter cela, il est primordial de maintenir la température de l’équipement à plus de 60 degrés Celcius. Les spas sont aussi de grands vecteurs de la bactérie. Il incombe donc de respecter les normes de désinfection et d’entretien pour empêcher leur prolifération, a-t-elle rappelé.

Enquête

La DSP avait remué bien des pierres pour tenter de faire la lumière sur cet épineux dossier en 2017. Idem cette année. « On fait une enquête détaillée pour chacun des patients [infectés par la bactérie] pour faire une triangulation », a dit Dre Pinsonneault, faisant le parallèle avec les investigations policières.

Les tours de refroidissement, qui ne doivent pas dépasser le seuil critique d’un million de légionelles par litre d’eau, ont donc été inspectées à plusieurs reprises. Selon les informations de la santé publique, une douzaine d’immeubles à Granby sont dotés de tels équipements à déclaration obligatoire, notamment afin d’en contrôler l’entretien périodique via un registre. La moitié d’entre eux sont situés dans le secteur prioritaire pour approfondir l’enquête sur le terrain, soit dans le tronçon de la rue Principale entre les rues Simonds et Mountain, seul lieu commun visité par toutes les personnes infectées. Les recherches menées par les équipes de la DSP, de concert avec les spécialistes de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), ont démontré que les équipements étaient conformes.

Or, l’investigation de la DSP tend à démontrer que la contamination ne provient pas d’un seul endroit. « Les périodes d’incubation de la bactérie ne se chevauchent pas. C’est donc suggestif d’une source commune, même si on ne peut pas l’exclure », a expliqué Dre Pinsonneault.

De plus, une des caractéristiques de la légionellose est la difficulté de la diagnostiquer, a-t-elle renchéri. La spécialiste en santé publique émet donc l’hypothèse que les médecins de la région, plus sensibilisés aux éclosions de cette infection, font davantage de tests auprès des patients présentant les symptômes de la maladie du légionnaire. Ce qui pourrait expliquer que le nombre de cas recensés est supérieur à Granby qu’ailleurs en Estrie.