Un agent mandaté par l’Ordre des chiropraticiens du Québec a visité la clinique de la rue Court le 4 août dernier.
Un agent mandaté par l’Ordre des chiropraticiens du Québec a visité la clinique de la rue Court le 4 août dernier.

Un chiro rappelé à l’ordre pour le non-respect des règles sanitaires

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Un chiropraticien qui minimisait la gravité du coronavirus a fait l’objet d’une plainte disciplinaire par son ordre professionnel parce qu’il n’avait pas mis en place des mesures pour protéger le personnel et la clientèle de sa clinique. Il a récemment dû corriger le tir pour éviter une radiation temporaire.

Éric Larochelle, qui pratique à la Clinique chiropratique de Granby, a fait l’objet d’une enquête par son ordre professionnel après que celui-ci ait été informé qu’aucune mesure sanitaire permettant de limiter la propagation du coronavirus n’avait été mise en place dans sa clinique. Un autre chef d’accusation l’accuse d’avoir «entravé le travail de la [syndique] en prétendant avoir pris tous les moyens pour prévenir la propagation de la COVID-19 dans le cadre de l’exercice de sa profession».

Selon les informations rapportées à l’Ordre des chiropraticiens du Québec (OCQ), le chiropraticien n’exigeait pas de ses patients et de ses employés qu’ils portent le masque. Il n’enfilait pas non plus de masque lors de ses traitements. De plus, les patients n’étaient pas invités à se désinfecter les mains à leur arrivée à la clinique de la rue Court, et aucune question relative à la COVID-19 ne leur était posée par le personnel à l’accueil.

Ce faisant, la syndique de l’ordre, Chantal Pinard communique avec M. Larochelle le 4 août pour lui rappeler qu’il doit se conformer aux différents guides de pratique émis par l’OCQ depuis la mi-mars. Le principal intéressé lui fait alors savoir qu’il portait toujours le masque et que des questions étaient posées aux patients en lien avec la maladie.

Inspection

Or, ce n’est pas ce qu’un agent mandaté par l’Ordre a constaté lorsqu’il s’est rendu sur place pour vérifier les allégations, deux semaines plus tard. Aucune question ne lui est posée en lien avec la COVID-19 au moment de prendre rendez-vous, de même qu’à son arrivée à la clinique.

La réceptionniste, qui ne porte pas de masque et ne se trouve pas derrière un plexiglas, ne lui demande pas de se désinfecter les mains, et ce «malgré l’échange de matériel (stylo, tablette, document)», relève l’agent dans son rapport.

Le Dr Larochelle ne porte pas non plus de masque lorsqu’il rencontre son patient dans son bureau, «dont les dimensions ne permettent pas de respecter une distanciation» et le mobilier en tissu n’est pas protégé, souligne aussi l’inspecteur. Celui-ci questionne ensuite le chiropraticien sur le fait qu’il ne se protège pas de la COVID.

«L’intimé lui confirme qu’il ne mettra pas de masque et avance, dans le cadre de l’échange avec l’agent, des arguments niant l’existence d’une pandémie et la dangerosité du virus», apprend-on ensuite.

Cette visite a été suivie d’un nouvel appel de la syndique au chiropraticien, le 24 août. Le Dr Larochelle a alors fait valoir qu’il faisait tout son possible pour se conformer aux exigences de l’ordre. Un plaidoyer qui n’a pas convaincu Mme Pinard, qui est allée de l’avant avec une plainte disciplinaire.

Éric Larochelle, qui pratique à la Clinique chiropratique de Granby, s’est engagé à mettre en place toutes les mesures nécessaires pour limiter la propagation de la COVID-19 dans sa clinique.

Des correctifs apportés

L’audition pour la demande de radiation provisoire s’est déroulée les 8 et 9 septembre dernier. À cette occasion, le Dr Larochelle a indiqué avoir apporté plusieurs changements dans sa clinique, la veille, pour se conformer aux exigences sanitaires en vigueur.

Il indique entre autres avoir installé un plexiglas au bureau d’accueil, retiré des chaises dans la salle d’attente de même que les magazines qui s’y retrouvaient. Il a également installé une affiche avisant les patients que le lavage des mains est obligatoire, tout comme le port du masque. Tous les employés du cabinet, y compris lui-même, le portent d’ailleurs depuis le 2 septembre, jour où il a été informé de la plainte disciplinaire à son endroit, a-t-il témoigné. Enfin, le mobilier est désinfecté après chaque utilisation.

Le chiropraticien s’est par ailleurs engagé par écrit à mettre en application, sans délai, toutes nouvelles mesures de prévention et de protection recommandées par l’ordre ou la santé publique, de respecter celles-ci et d’en faire la promotion, faute de quoi il devrait cesser de pratiquer pendant un an.

Cet engagement a satisfait la syndique, qui s’est dite rassurée pour la protection du public.