Le propriétaire du IGA St-Pierre et Fils de Granby, Miguel St-Pierre.
Le propriétaire du IGA St-Pierre et Fils de Granby, Miguel St-Pierre.

Un centre de dépôt pour les contenants consignés au IGA St-Pierre et fils

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
À compter du 8 juin, tous les détaillants du Québec, hormis ceux de l’île de Montréal (22 juin), devront recommencer à collecter les contenants consignés en magasin. Le propriétaire du IGA St-Pierre et Fils ne voit pas dans quelle mesure cette opération sera possible dans son commerce à Granby et annonce l’ouverture d’un centre de dépôt, dans un local vacant accessible à partir du stationnement du commerce.

Les gobeuses qui permettent la récupération des canettes et des bouteilles de plastique sont souvent installées dans les halls d’entrée des supermarchés, ce qui rend difficile, voir impossible dans certains cas, de permettre leur utilisation en maintenant une distance de deux mètres tout en assurant la circulation, plaide le propriétaire du IGA St-Pierre et Fils, Miguel St-Pierre.

Le local vacant, situé dans le stationnement de l’épicerie au 560 rue Conrad, sera ouvert du mardi au samedi, de 10h à 18h, dès le 29 mai. Il contient six gobeuses, installées à deux mètres les unes des autres, ainsi qu’un comptoir dédié au retour des contenants de vitre et particulier qui est supervisé par un employé.

«Je me suis inspiré de toutes les bonnes pratiques qui se font dans les centres de dépôt partout ailleurs dans le Canada. En fonctionnant de cette façon je sécurise mes employés et je sécurise mes clients», avance Miguel St-Pierre, qui oeuvre dans le domaine de l’alimentation depuis plus de 20 ans.

Les détaillants devront remettre les montants des consignes perçus aux consommateurs, conformément à la Loi sur la vente et la distribution de bière et de boissons gazeuses dans des contenants à remplissage unique, mais les citoyens auront aussi le choix d’en faire don à un organisme de la région.

60 000$ en trois semaines

Les grandes collectes organisées par le IGA St-Pierre et Fils lors des samedis du mois de mai ont permis d’amasser 60 000$ qui ont été redistribués dans trois causes locales : SOS Dépannage, la Fondation du Centre hospitalier de Granby et la Fondation du Zoo de Granby.

«Les collectes du mois de mai ont rencontré un grand succès. Cette solution permet à la fois d’assurer le maintien d’un geste écologique que les clients peuvent poser en toute sécurité, mais aussi de venir en aide à la communauté alors que la pandémie a de fortes répercutions sur les plus vulnérables», souligne le propriétaire du IGA St-Pierre et Fils, Miguel St-Pierre.


« Du jour au lendemain, on déchire une entente de façon cavalière sans consulter les parties prenantes. On trouve cela très particulier comme façon de faire »
-Stéphane Lacasse, porte-parole de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA)

Mécontentement des détaillants

La réouverture de la consigne à l’intérieur est loin de faire le bonheur des détaillants, qui ont réalisé d’importants investissements afin que leurs installations extérieures respectent l’entente temporaire conclue le 11 mai avec RECYC-QUÉBEC, les dépanneurs et les brasseurs concernant le plan de reprise progressive des activités de consigne à l’extérieur.

Plusieurs détaillants ont investi entre 5000$ et 10 000$ pour mettre sur pied des installations extérieures semi-permanentes selon le porte-parole de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), Stéphane Lacasse. L’ADA n’a pas été consultée pour la deuxième mouture de l’entente et en a été informée vers 21h, la veille du dévoilement.

«Est-ce que le gouvernement va rembourser ces investissements?, dénonce le porte-parole. Du jour au lendemain, on déchire une entente de façon cavalière sans consulter les parties prenantes. On trouve cela très particulier comme façon de faire», déplore le porte-parole de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA).

Du côté du gouvernement, on rappelle qu’il s’agissait d’une entente temporaire qui devait être réexaminée aux deux semaines et qui permettait de «déconfiner» graduellement les contenants consignés pour éviter qu’il y en ait une trop grande quantité qui soit retournée au même moment, explique Sonia Gagné.

«Le contexte a changé: il y a un déconfinement graduel qui se fait dans différents secteurs d’activité. On ne nie pas que ça génère des défis au niveau de la logistique et de l’organisation. On va suivre la situation de très près», assure la PDG de RECYC-QUÉBEC, Sonia Gagné.

En temps normal, environ 7500 détaillants acceptent les retours de contenant consigné au Québec. «Actuellement et malgré le travail de bonne foi fait par les détaillants que nous voulons souligner, moins de 300 points de retour temporaires ont été mis en opération depuis la signature de l’entente», indique le responsable des communications chez RECYC-QUÉBEC, Brigitte Geoffroy.

Risques économiques

Les «grandes collectes» organisées un peu partout dans la province et les sites semi-permanents n’ont pas permis d’amasser suffisamment de contenants consignés pour répondre à la demande des brasseurs, ce qui fragilise le système de consigne de la province et entraîne des risques environnementaux et économiques importants, affirme la PDG de RECYC-QUÉBEC. «Il fallait agir rapidement pour éviter de perdre davantage de contenants et avant que les détaillants ne réalisent plus d’investissements», assure-t-elle.

Aussi, dans certaines collectes, les clients n’avaient tout simplement pas l’option de recevoir le montant de la consigne, puisqu’elles n’acceptaient que les dons des contenants consignés pour éviter de devoir manipuler de l’argent comptant, ce qui contrevient à la Loi sur la vente et la distribution de bière et de boissons gazeuses dans des contenants à remplissage unique.

La Santé publique assure que les risques de contamination par les contenants consignés sont faibles et que l’application de mesures de protection individuelles peut être imposée pour limiter les chances de propagation du virus.