La municipalité de Rougemont a adopté lundi soir un budget en baisse de 2,1%.

Un budget sous le signe de la stabilité à Rougemont

Le compte de taxes des citoyens de Rougemont augmentera, en moyenne, de moins de 2 %.

La municipalité a adopté lundi soir un budget en baisse de 2,1 %. Malgré tout, le conseil municipal a choisi de maintenir les différents taux de taxation foncière en 2019.

Ainsi, ce taux sera de 0,44 $ par tranche de 100 $ d’évaluation pour les résidences, les terrains vacants, les multiplex et les propriétés agricoles. Les industries continueront de payer 0,97 $ par tranche de 100 $ d’évaluation foncière, alors que le taux des autres immeubles non résidentiels reste figé à 0,83 $.

En plus du gel des taxes foncières, les taxes compensatoires pour les différents services municipaux demeureront elles aussi stables. Le coût par porte pour les matières organiques augmentera de 20 $ pour atteindre 80 $ ; celui de la collecte des matières recyclables passera à 46,50 $, une augmentation de 0,52 $ par résidence. En contrepartie, le coût des matières résiduelles diminue de 20,46 $, ce qui annule pratiquement les deux hausses précédentes.

La taxe de base pour l’eau potable coûtera encore 50 $ l’an prochain, alors que celle pour le traitement des eaux usées croît d’un dollar. Enfin, le coût de la vidange des fosses septiques diminuera de 8,58 $.

Seules les taxes pour financer les règlements d’emprunt de la municipalité sont à la hausse. Si celles-ci totalisaient trois sous par 100 $ d’évaluation foncière cette année, elles seront désormais de 0,34 $ pour la même valeur foncière.

Infrastructures

Beaucoup de projets d’infrastructures figurent au programme triennal d’immobilisations (PTI) de Rougemont.

L’an prochain, la réfection du Rang Double obtiendra la part du lion, avec des dépenses prévues de 1,05 million de dollars. On compte y refaire les installations sanitaires de même que les réseaux d’aqueduc et pluvial.

En 2019, la municipalité compte investir 100 000 $ de son surplus affecté à l’eau potable pour un nouveau puits dans la montagne et une somme équivalente pour mettre à niveau les installations du puits McArthur. Une enveloppe de 15 000 $ sera réservée pour boucler le réseau d’aqueduc dans le Domaine Pierre-Préfontaine et 10 000 $ pour en effectuer le branchement pluvial.

Un montant de 300 000 $ servira à refaire la canalisation pluviale de la Petite-Caroline. Cela sera financé par un règlement d’emprunt sectoriel.

En 2020, la réfection d’un tronçon de la conduite du Rang de la Montagne et le pavage de deux kilomètres de la Petite-Caroline accapareront plus de la moitié des dépenses prévues au PTI pour l’année. Si les moyens financiers le permettent, Rougemont asphaltera également le stationnement du centre des loisirs.

Le pavage du chemin du Contour, de la rue Pierre-Boucher et du Carré des Lilas est prévu pour 2021, ce qui coûtera près de 600 000 $. La réfection du cours d’eau Soulages est aussi planifiée pour dans deux ans, au coût de 415 000 $.

La municipalité compte enfin se doter d’un panneau lumineux informatif, au coût de 25 000 $, mais n’a pas encore déterminé d’échéancier pour cette acquisition. Un million de dollars, via un règlement d’emprunt, sera aussi alloué à la réfection des ponceaux des rues Carole, Sylvie et Josée ; il faudra toutefois rencontrer les citoyens du quartier avant de déterminer la date des travaux.

Hugues Lavoie, président de Tourisme Rougemont.

Tourisme Rougemont en rogne

Le budget adopté lundi n’a pas fait que des heureux. Plusieurs entrepreneurs locaux impliqués au sein de Tourisme Rougemont ont déploré le refus de la municipalité de bonifier de 10 000 $ l’aide financière consentie à l’organisme, qui touchait jusqu’alors 30 000 $ annuellement.

Dans les faits, Rougemont maintient son investissement de 30 000 $, mais le tiers sera versé conditionnellement à de nouveaux projets, distincts des Week-ends gourmands, la principale activité organisée par Tourisme Rougemont.

Aux yeux des représentants de l’organisme, cette « coupure » pourrait compromettre ses activités. « Le comité n’est pas viable avec ça, a affirmé Hugues Lavoie, président de Tourisme Rougemont. C’est regrettable. [...] Vous nous coupez les ailes. »

Le maire Michel Arseneault a rétorqué que l’intérêt de la municipalité dans le tourisme « n’est pas nul », au contraire. « On a la volonté d’investir différemment dans le tourisme, a-t-il expliqué. Si on tient compte des investissements dans la piste cyclable et dans certains événements comme Rougemont en fleurs et le marathon, on peut dire qu’on investit beaucoup plus dans le tourisme. »

Le gel de l’aide financière vise également à rendre le comité touristique plus autonome financièrement, a ajouté l’élu.

Les 10 000 $ supplémentaires réclamés visaient à financer une étude d’achalandage qui permettrait par la suite à l’organisme d’obtenir des subventions du ministère du Tourisme et d’être moins dépendant de la municipalité, a-t-on fait valoir.

« Si vous prétendez que 10 000 $ vous empêchent d’avoir les ailes que vous prétendez avoir, je suis aussi déçu que vous », a répliqué M. Arseneault.

Conseillers dissidents

Les conseillers Éric Fortin et Marielle Farley ont tenu à réitérer leur dissidence face à la décision majoritaire du conseil municipal.

« Chaque deux dollars investi en tourisme en rapporte huit, illustre M. Fortin, en citant des statistiques fournies par le député fédéral de Shefford, Pierre Breton. Ça fait plusieurs années que j’accompagne le comité et je ne suis pas d’accord avec le choix du conseil, alors que beaucoup de municipalités et de villes courent après les touristes. »

« On a travaillé fort pour faire changer le conseil d’idée, mais ça n’a pas marché », a renchéri Mme Farley.