Le Granbyen d’origine Yves Potvin a fondé la célèbre chaîne de produits Yves’ Veggie Cuisine.

Un appétit pour manger santé

Manger santé a la cote. Que ce soit en diminuant la quantité de viande ingérée ou en privilégiant les produits biologiques, les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la qualité de leur alimentation.

Et pour cause : l’offre et la qualité des produits végétariens et biologiques ont cru de façon exponentielle au cours du dernier quart de siècle.

« À l’époque, le fast-food santé n’existait pas, alors j’ai décidé de créer le marché », explique le Granbyen d’origine Yves Potvin, fondateur de la célèbre chaîne de produits Yves’ Veggie Cuisine. Mise sur pied au milieu des années 1980, l’entreprise a fait figure de pionnière dans le monde des aliments végétariens et végétaliens.

« Ce qui existait sur le marché, à l’époque, n’avait pas bon goût. Et on n’avait pas de choix, ajoute-t-il. Par exemple, quand j’étais jeune, on ne buvait que du lait de vache. Maintenant, on a du lait d’amande, du lait de soya, du lait de coconut... »

« En 1995, on pouvait à peine trouver des carottes biologiques, se souvient pour sa part Sylvie Senay, cofondatrice de la chaîne de supermarchés santé Avril. Il n’y avait presque rien ! Aujourd’hui, on remplit un grand département, il existe pratiquement de tout dans le bio. »

De plus, la qualité des aliments végétariens qu’on retrouve sur le marché s’améliore, selon Yves Potvin, entre autres parce que la popularité croissante de ce type de produits a créé une compétition « féroce » entre les diverses entreprises de l’industrie.

Du travail reste tout de même à faire dans le secteur végétarien afin de rattraper le retard.

« Le marché des protéines végétales et de leur transformation a environ 35 ou 40 ans alors que le marché de la transformation de la viande existe depuis 500 ans, relève l’entrepreneur originaire de Granby. On a beaucoup de retard à rattraper dans les investissements en recherche et développement. »

Des consommateurs mieux informés

L’accès à l’information a aussi contribué à mousser l’alimentation végétarienne et biologique, estime M. Potvin, maintenant propriétaire et directeur général de la prestigieuse école culinaire Pacific Institute of Culinary Arts en Colombie-Britannique.

« Ma génération, celle des baby-boomers, est celle qui a décidé de mourir à 100 ans en santé, illustre-t-il. De plus en plus, on s’est rendu compte qu’on pouvait être en charge de notre santé par l’alimentation et l’exercice. »

Sylvie Senay a cofondé les supermarchés santé Avril avec Rolland Tanguay.

« Les gens se soucient davantage de ce qu’ils mettent dans leur assiette qu’auparavant, reconnaît également Sylvie Senay. Le bio est de plus en plus en demande, car on sait maintenant que les pesticides et les herbicides ont des conséquences sur notre santé. »

La conscience environnementale de la population propulse elle aussi la nourriture saine à l’avant-plan. « Il y a une réelle prise de conscience qui se fait, souligne la femme d’affaires. Manger bio ne nourrit pas la terre avec des produits chimiques. »

« La jeune génération se rend compte que l’environnement est important pour l’avenir de la planète. Il y a 2000 ans, la Terre comptait 200 millions d’habitants. En 1900, on était passé à 1,5 milliard et d’ici vingt ans, on franchira la barre des vingt milliards. Comment va-t-on réussir à tous s’alimenter à ce moment-là ? Les jeunes ont compris que leur alimentation avait un impact et que le coût environnemental de l’élevage des animaux est énorme. Pour produire une livre de viande hachée, il faut l’équivalent de toute l’eau nécessaire pour prendre sa douche pendant six mois », rappelle M. Potvin.

Un nouveau guide alimentaire

Tant Mme Senay que M. Potvin se réjouissent des nouvelles recommandations du Guide alimentaire canadien.

Conseillère en alimentation chez Avril, Anne-Marie Comparot qualifie de « grande avancée » la nouvelle mouture du guide, qui met l’accent sur les protéines végétales, les bons gras et les légumes. « On insiste sur le fait de prendre le temps de cuisiner avec des produits de base plutôt que de consommer des produits transformés, ce qui est une très bonne chose », souligne la spécialiste.

Pour ceux qui seraient intéressés à en savoir davantage, Mme Comparot animera une conférence sur le nouveau guide alimentaire canadien, le 17 avril prochain à la succursale granbyenne de la chaîne Avril.