« On réussit à se protéger du soleil. On peut aussi se protéger des tiques », illustre la Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique de l’Estrie.

Un antibiotique pour prévenir la maladie de Lyme

Les personnes piquées par des tiques n’auront plus besoin de se rendre aux urgences ou dans des cliniques médicales pour être traitées. Les pharmaciens de l’Estrie pourront dès juin leur prescrire à titre préventif de la doxycycline, un antibiotique qui neutralise la bactérie causant la maladie de Lyme.

L’idée est celle de la pharmacienne Julie Coderre. La professionnelle de Cowansville y voit une façon efficace d’ériger une barrière de prévention contre la maladie de Lyme transmise par des tiques infectées. « Ça fait des années que les gens m’en demandent. Mais on ne pouvait pas leur en donner. On n’avait pas le droit. C’est dommage, parce que ça n’a pas d’allure aller à l’urgence pour ça, d’attendre des heures, ou de prendre un rendez-vous à sa clinique », explique-t-elle. « Les pharmacies sont ouvertes tous les jours, certaines jusque tard en soirée. C’est beaucoup plus pratique pour les gens ».

Mme Coderre travaille depuis un an avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie sur un protocole pour que les pharmaciens puissent prescrire le médicament. « On a une démarche à suivre, des questions à poser aux gens pour déterminer s’ils en ont besoin », indique-t-elle.

Des critères précis devront être existants chez les personnes qui ont été piquées par une tique pour qu’elles obtiennent le médicament. D’abord, la tique doit être restée accrochée à la personne durant un minimum de 24 heures. Aussi, le médicament doit être administré dans les 72 h suite au retrait de la tique.

L’antibiotique se détaille entre 15 $ et 20 $, a dit Mme Coderre. « Ça ne fait pas cher pour avoir une paix d’esprit », dit-elle. Le médicament ne peut toutefois être administré aux enfants de sept ans et moins ainsi qu’aux femmes enceintes.

Prévenir la maladie
L’annonce du fait que les pharmaciens sont autorisés à prescrire de la doxycycline s’inscrit dans une vaste campagne de sensibilisation de la population de l’Estrie aux façons de prévenir la maladie de Lyme. Les plus récentes données confirment que la région de l’Estrie, plus particulièrement les MRC de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska, est affectée par ces insectes.

En 2017, des 329 cas de gens qui avaient contracté la maladie de Lyme au Québec, 126 provenaient de l’Estrie, le plus haut total dans la province. Et de ces 126 cas, 32 avaient été piqués à Bromont, 13 à Cowansville, 11 à Granby et 9 à Lac-Brome.

Le taux d’incidence en Estrie, soit le nombre de personnes par 100 000 habitants qui contractent la maladie de Lyme, est de 26,1. Il est de 98,5 par 100 000 habitants dans la MRC Brome-Missisquoi et de 64,2 dans la MRC de la Haute-Yamaska.

Malgré ces statistiques, il ne faut pas céder à la panique et cesser de sortir, insiste la Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique de l’Estrie. Les gens peuvent continuer de profiter de la nature, dit-elle, mais ils doivent prendre des précautions s’ils se trouvent en forêt, en camping, au jardin ou dans de hautes herbes. Les tiques privilégient la végétation des lieux qui leur procurent de l’ombre.

Lorsque les gens se trouvent dans de tels endroits, dit la médecin, il est recommandé qu’ils utilisent un chasse-moustique à base de DEET, de marcher dans les sentiers, ne pas frôler la végétation, de porter un chapeau, des souliers fermés et des vêtements longs de couleur pâle. Une fois à la maison, on doit prendre un bain ou une douche et examiner sa peau pour être certain qu’aucune tique ne s’y colle.

On peut obtenir plus d’information sur la maladie de Lyme au www.santeestrie.qc.ca/lyme