Éric Brien avait reconnu sa culpabilité aux accusations d’agression sexuelle envers deux victimes, dont une mineure.

Un agresseur sexuel risque sept ans de prison

Une sentence de sept ans de prison est demandée pour un homme qui a agressé sexuellement deux jeunes filles, dont une mineure, alors qu’il habitait à Granby et Farnham.

Les gestes posés par Éric Brien, un camionneur de 50 ans aujourd’hui domicilié à Saint-Jean-sur-Richelieu, ont eu «de graves conséquences» sur ses victimes, a indiqué la procureure Me Véronique Gauthier, mardi, lors des observations sur la peine à imposer à l’accusé.

L’une d’elles, qui souffre d’une légère déficience mentale, a fait une tentative de suicide à la suite des sévices subis. Les crimes ont commencé alors qu’elle avait 14 ans et se sont poursuivis pendant les sept années suivantes.

Toute la gamme des actes sexuels, dont des relations complètes non protégées, a été commise sur elle par M. Brien alors qu’il était en position d’autorité. L’accusé a également usé d’une certaine violence puisqu’en au moins une occasion la victime a tenté de maintenir en place le pantalon qu’il descendait de force.

L’accusé voulait «l’aider» en lui enseignant la sexualité, une expression qu’il a même reprise lors de son témoignage, mardi. «La toucher et coucher avec, je pensais que c’était pour l’aider», a indiqué M. Brien. L’autre victime avait 19 ans au moment de l’infraction.

La Couronne, qui propose une peine globale de six à sept ans de prison, a fait valoir que l’accusé minimisait les actes posés et qu’il «regrette davantage les conséquences sur sa propre vie», a dit Me Gauthier, notamment la perte de son emploi et le fait de devoir aller en prison.

«Ça me fait peur d’aller en dedans, a d’ailleurs mentionné

M. Brien. Si c’est possible de ne pas y aller, ou de juste faire les fins de semaine…»

«C’est sûr que ce ne sera pas juste les fins de semaine, l’a averti la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec. Je n’irai pas en bas de ce que votre avocate suggère.»

Peu d’introspection

Me Mireille Leblanc, à la défense, suggère de son côté une peine de trois ans et demi de prison.

Si elle reconnaît le peu d’introspection de son client et son manque d’enthousiasme à suivre une thérapie, elle a fait valoir qu’il avait plaidé coupable, évitant un procès à ses deux victimes, et qu’il présente un faible risque de récidive.

Me Leblanc attribue le comportement de M. Brien à une enfance marquée par «plusieurs épreuves» ainsi qu’une «absence d’éducation sexuelle».

«Il n’a pas eu un parcours facile», a ajouté l’avocate, et de vouloir «aider» sexuellement une des victimes, «c’était peut-être la seule chose qu’il connaissait».

L’accusé, qui n’avait pas d’antécédent judiciaire, n’a également pas tenté de cacher les accusations dont il fait l’objet à sa conjointe ou à son employeur. La juge Côté doit rendre sa sentence en janvier.