Le décès du cariste André Plante, 48 ans, survenu le 13 avril 2018 dans les installations valoises de Beaulieu Canada, est attribuable à une procédure déficiente de chargement de même qu’à un manque de communication, ont conclu les inspecteurs de la CNESST Roxana Alina Bindea et Julien Bérubé.

Un accident de travail mortel évitable chez Beaulieu Canada

Le décès du cariste André Plante, 48 ans, survenu le 13 avril 2018 dans les installations valoises de Beaulieu Canada, est attribuable à une procédure déficiente de chargement de même qu’à un manque de communication. Telles sont les conclusions de l’enquête menée par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui les a rendues publiques mercredi.

Le soir du drame, M. Plante s’affairait à charger un semi-remorque de marchandise lorsque le camion s’est mis à avancer. Ce faisant, le chariot élévateur dans lequel se trouvait la victime a chuté dans l’espace créé entre le véhicule de l’entreprise Rosedale Transport ltée et le quai de transbordement numéro 19. Le cariste est ensuite mort écrasé par la chute du contenu de la palette du chariot, soit 32 boîtes de tuiles de tapis totalisant une charge de 653 kg (1440lbs).

Au lendemain de l’accident, la CNESST a interdit à l’entreprise de faire des travaux de chargement ou de déchargement des semi-remorques devant être déplacées d’un quai à l’autre de l’établissement. Elle a demandé à l’employeur de mettre en place des mesures pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs, dont une procédure de travail sécuritaire pour les travaux de transbordement, des moyens de contrôle durables et l’évaluation des risques aux quais de transbordement. L’entreprise a aussi dû informer et former les travailleurs quant aux procédures de travail sécuritaire. 

S’étant conformée à ces mesures, la compagnie a pu reprendre ses activités de transbordement le 4 juin 2018.

Il est à ce jour encore interdit d’utiliser le chariot élévateur impliqué dans l’accident, peut-on lire dans le rapport.

Causes

La commission a déterminé que le départ inattendu du semi-remorque est la première de trois causes retenues pour expliquer le drame, qui aurait pu être évité. 

La seconde cible la gestion des activités de transbordement, jugée déficiente étant donné qu’aucun dispositif de retenue n’était en place pour empêcher le mouvement du camion, a en effet conclu l’enquête. La procédure en vigueur au moment des faits n’était pas rigoureusement ou systématiquement mise en application, particulièrement pour les semi-remorques devant être chargés à plus d’un quai.

L’enquête relève également une possible confusion entre les informations que se sont échangées les deux interlocuteurs quant à la suite des choses, en plus du fait que le quai de transbordement numéro 19 n’était pas visible à partir du bureau du contremaître.

Enfin, M. Plante se trouvait par terre, à gauche du chariot élévateur lorsqu’il a été retrouvé par ses collègues. La CNESST pose deux hypothèses pour expliquer que l’homme n’était plus à bord du chariot après la chute : ou bien il en était descendu de lui-même, ou bien il en avait été éjecté en ne portant pas sa ceinture de sécurité. 

Le soir du drame, la victime s’affairait à charger un semi-remorque de marchandise lorsque le camion s’est mis à avancer. Ce faisant, le chariot-élévateur dans lequel elle se trouvait la victime a basculé.

Amende et recommandations

La CNESST a indiqué que Beaulieu Canada avait collaboré à l’enquête. Parce que la commission considère qu’elle a agi de manière à compromettre la santé et la sécurité de ses travailleurs, l’entreprise a toutefois écopé d’un constat d’infraction dont l’amende se situe entre 16 793 $ et 67 176 $. Comme des démarches juridiques sont encore en cours, le montant précis de l’amende ne peut être dévoilé, a précisé Héloïse Bernier-Leduc, responsable des communications et des relations publiques à la direction régionale de la Yamaska de la CNESST.

Pour éviter d’autres accidents de ce genre, la commission recommande aux entreprises de mettre en place plusieurs dispositifs techniques pour tenir la remorque au quai pendant toute la durée du transbordement, de s’assurer que toutes les procédures sont sécuritaires et qu’une communication adéquate est établie en tout temps entre les chauffeurs des remorques et le personnel chargé du transbordement.

La CNESST transmettra en outre les conclusions de son enquête à l’Association du camionnage du Québec, l’Association nationale des camionneurs artisans et le Regroupement des entrepreneurs et des camionneurs indépendants du Québec. 

Le rapport d’enquête servira également à des fins pédagogiques dans les établissements de formation en camionnage.

Beaulieu Canada n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.