Ismaël Laporte, Mathieu Dalpé (assis) et Marc-André Desjardins ont lancé un système de gestion, version Granby, pour la livraison à domicile de mets cuisinés. Trois restaurateurs l’utilisent pour le moment.

Uber Eats version Granby

L’un a de solides compétences en programmation informatique et les deux autres sont ferrés en gestion et en ventes. Ensemble, ils visent à devenir la référence en livraison à Granby. Et c’est à la livraison de mets cuisinés que Mathieu Dalpé, Ismaël Laporte et Marc-André Desjardins ont décidé de s’attaquer pour débuter.

Les trois Granbyens ont lancé il y a environ un mois la plateforme web Menulivraison.net, à laquelle participent pour l’instant trois restaurants : Delicatessen Place Granby, la Casa du Spaghetti et le Racing resto-bar. D’autres sont appelés à s’ajouter d’ici quelques semaines.

Mathieu Dalpé n’est pas un nouveau venu dans l’univers informatique de ce type de système de gestion. Il a fait ses armes il y huit ans en participant à l’élaboration d’une plateforme de livraison de nourriture dans la région de Québec. Lui et ses associés de l’époque (qui ne sont pas ses partenaires actuels) se sont fait remarquer : ils sont devenus sous-traitants pour Just Eat Canada, un important joueur mondial dans la livraison de mets cuisinés, ce qui les a entre autres amenés à travailler à Toronto. Dans la foulée, Mathieu Dalpé dit avoir mis de côté la technologie sur laquelle il planchait pour travailler sur celle de Just Eat.

Avec Menulivraison.net, le programmeur affirme repartir à neuf avec la technologie de pointe qu’il a élaborée et l’expérience acquise au cours des dernières années. Et c’est avec deux de ses amis de l’école secondaire qu’il a décidé d’entreprendre cette aventure.

Clé en main
Alors que les joueurs majeurs, comme Just Eat ou Uber Eats, sont actifs dans les grandes villes, le trio d’entrepreneurs veut plutôt faire sa niche dans les villes de taille moyenne, comme Granby, mais aussi Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Hyacinthe et Magog.

Menulivraison.net s’adresse principalement aux restaurateurs qui n’ont pas les moyens de soutenir un service de livraison, souligne Marc-André Desjardins. « On offre un service clé en main. On crée les menus en ligne. On reçoit la commande et on l’envoie au restaurateur par le biais d’une tablette qui lui est fournie. On a notre propre équipe de livreurs. Les clients peuvent suivre en ligne toutes les étapes. Ils peuvent voir le livreur se déplacer du resto jusque chez eux sur une carte », explique-t-il.

Les restaurateurs n’assument aucun frais mensuel, uniquement un coût de départ et un frais fixe à l’utilisation, soit à la commande, souligne Ismaël Laporte.

Leur rêve ? Compter la cantine Chez Ben on s’bour la bédaine parmi leurs clients. « On les a approchés l’an dernier quand on a fait un projet-pilote. Ils ont refusé pour différentes raisons. Mais on les a encore dans la mire », laisse tomber dans un sourire Ismaël Laporte.

Pour l’heure, quatre livreurs sont à l’emploi des trois partenaires. Les temps de livraison varieraient entre 15 et 30 minutes.

Potentiel
Les trois entrepreneurs dans la jeune trentaine ont confiance que leur plateforme saura se déployer rapidement. « On le sait que ça va fonctionner parce que le concept existe déjà mondialement. Et il est à l’épreuve du futur. On le sait que ça va aller en grandissant. De plus en plus de monde vont commander en ligne et de plus en plus de monde vont lâcher le téléphone pour commander », relève Mathieu Dalpé.

À plus long terme, les associés souhaitent utiliser leur plateforme pour offrir des services de livraison élargis, toujours selon un frais fixe d’utilisation ainsi que le suivi de l’expédition (tracking).

« Colis, fleurs, livraison de nourriture pour animaux : le système peut être adapté à n’importe quel type de business », fait valoir Marc-André Desjardins.

Démarrer leur entreprise a surtout nécessité du temps, affirment les entrepreneurs. Le gros du travail a d’ailleurs été réalisé par Mathieu Dalpé avec la programmation du système de gestion. Leur principal défi demeure toutefois d’acquérir de la notoriété, selon Ismaël Laporte.

Dans leurs rêves les plus fous, les associés affirment même être prêts à envisager la livraison par l’intermédiaire de drones, comme Amazon souhaite le faire. « Ça, c’est quand on va être big », lance Mathieu Dalpé en riant.