Le tueur du Vieux-Québec a laissé derrière lui 25 scènes de crime. Les sept victimes ont été choisies au hasard.
Le tueur du Vieux-Québec a laissé derrière lui 25 scènes de crime. Les sept victimes ont été choisies au hasard.

Tuerie dans le Vieux-Québec: les victimes choisies au hasard [VIDÉO]

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Le tueur du Vieux-Québec a laissé derrière lui 25 scènes de crime. Les sept victimes ont été choisies au hasard. L’homme costumé assénait un coup de sabre à ceux qui croisaient sa route. Il était originaire de la Rive-Nord de Montréal. 

«Nous avons été plongés dans une nuit d’horreur quand un homme de 24 ans qui ne réside pas à Québec s’est présenté ici chez nous avec la visible intention de faire le plus de victimes possible», a déclaré le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, lors d’un point de presse à l’Hôtel de Ville de Québec dimanche matin. 

L’homme arrêté était armé d’un sabre japonais de type katana. Les coups ont fait deux morts et cinq blessés. Bien qu’elles aient subi des lacérations importantes, on ne craint plus pour la vie des personnes blessées.

Les victimes résidaient toutes à Québec. Deux des personnes blessées sont d’origine française. Robert Pigeon a insisté : l’origine des victimes n’a aucun rapport avec les dernières attaques mortelles survenues en France.

Selon l’enquête du SPVQ, toujours en cours, l’homme de 24 ans s’en est pris à des innocents le soir d’Halloween par motivations personnelles. Il ne serait associé à aucun groupe terroriste ou religieux.

L’enquête confirme également que les actions du tueur étaient préméditées. 

«Quelqu’un qui se déguise, qui se présente sur les lieux avec une arme blanche et un costume, et de façon aléatoire va viser des victimes sur son passage, visiblement je pense qu’il avait planifié son geste», ajoute Robert Pigeon. 

Parcours du tueur

Vers 22h30, l’homme a stationné sa voiture devant le Château Frontenac, laissant le moteur rouler. Il a fait sa première victime devant l’hôtel de luxe, en lui «transperçant le haut du corps». 

«On parle d’une chasse à l’homme à pieds. Il est parti à la rencontre des victimes de façon aléatoire pour les attaquer», précise Robert Pigeon.

Le chef de la police de Québec n’a pas précisé si le tueur avait en sa possession d’autres armes ni indiqué la nature des indices trouvés dans le véhicule afin de ne pas nuire à l’enquête. 

Autrefois calme et paisible, le Vieux-Québec demeurait envahi par les policiers dimanche. Plusieurs indices devaient être analysés sur les lieux. 

Un climat de peur règne maintenant dans le secteur. Robert Pigeon assure être en communication avec la GRC et la Sûreté du Québec pour «assurer le meilleur niveau de sécurité possible».

Menaces vieilles de cinq ans

La police ne détenait aucune information concernant les intentions réelles du tueur avant les attaques. Aucun indice ne laissait croire qu’il allait s’en prendre aux citoyens de Québec près du Château Frontenac ce soir-là.

«Le fait qu’il désirait faire le plus de victimes possible relève beaucoup de son comportement au moment de poser les gestes», précise Robert Pigeon. 

Toutefois, l’homme aurait verbalisé son intention de commettre un geste semblable il y a plus de cinq ans. 

«C’est une information révélée dans un contexte médical et ça ne relève pas de son dossier judiciaire», ajoute M. Pigeon.

Cette information demeure d’ailleurs en analyse. «Je ne vous dis pas qu’elle est crédible et digne de foi, je vous dis qu’elle est sous analyse par les enquêteurs.»

L’homme n’était pas connu des policiers. Le chef de police n’a pu préciser dans quel état mental se trouvait le tueur au moment de son arrestation, afin de ne pas nuire à l’enquête.

Collaboration saluée 

Finalement, Robert Pigeon salue la collaboration des citoyens du secteur touché. Ils ont dû barrer leurs portes et rentrer en vitesse à la maison. Certains ont porté secours aux victimes, blessées d’un coup de lame tranchante au corps. 

Les informations ont été transmises au compte-goutte, tous les effectifs de la police de Québec déployés devaient agir vite. 

«Au fur et à mesure qu’on a eu besoin d’eux, ils ont grandement collaboré. Je voudrais les remercier. Ce qu’ils ont vécu est quelque chose d’atroce pour les résidents de ce secteur-là, restés dans l’inquiétude le temps qu’on puisse appréhender le suspect», termine le chef de police. 

Le contexte de pandémie est aussi un facteur de chance que le SPVQ tient à souligner. Si le Vieux-Québec avait été bondé comme il a l’habitude de l’être un soir d’automne, il y aurait vraisemblablement eu plus de victimes.