Les projets de dépollution du lac Champlain pourront se poursuivre cette année. La Maison-Blanche a retiré sa proposition de sabrer dans les programmes environnementaux touchant les Grands Lacs et les lacs transfrontaliers.

Trump épargne le lac Champlain

Le lac Champlain ne fera pas les frais des compressions budgétaires du président des États-Unis Donald Trump. Le budget annuel de 5,5 millions de dollars américains (7 753 000 $ canadiens) versé au Lake Champlain Bassin Program sera reconduit cette année.
« C'est une excellente nouvelle pour le lac. On doit remercier nos représentants au Congrès qui ont travaillé fort pour convaincre leurs collègues de l'importance de ce programme pour la qualité de l'eau du lac », explique Eric Howe, directeur du LCBP.
L'administration Trump avait annoncé à la mi-mars son intention de sabrer cette année dans maints programmes environnementaux fédéraux, dont des programmes touchant les Grands Lacs ainsi que les lacs transfrontaliers comme le lac Champlain. Le projet budgétaire de la Maison-Blanche proposait au Congrès des compressions de 31 % à l'EPA, soit l'agence de protection de l'environnement. Le LCBP obtient son financement de cette organisation.
Plusieurs représentants du congrès se sont opposés à ces compressions, dont des élus républicains d'États riverains des Grands Lacs. L'administration fédérale ayant besoin de leur appui pour l'adoption du budget, elle a retiré ses propositions concernant les programmes de protection de la qualité de l'eau des lacs, tributaires et estuaires.
Ce recul est une victoire importante pour quiconque s'intéresse à la santé des cours d'eau, estime M. Howe. « Le congrès a reconnu l'importance d'une eau de qualité partout au pays », a-t-il indiqué en entrevue vendredi.
Le Québec doit se réjouir du financement renouvelé du LCBP, soutient Pierre Leduc, président de l'Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi. Cette organisation, rappelle-t-il, initie de nombreux projets pour réduire la pollution dans le lac Champlain duquel fait partie la baie Missisquoi tout au nord du plan d'eau. Une soixantaine de projets ont été menés en 2016. « On a besoin des Américains pour régler les problèmes du lac. On n'y arrivera pas tout seul. »
Source d'eau potable
L'eau potable de 145 000 personnes dans les États du Vermont et de New York provient du lac Champlain, note M. Leduc. Au Québec, dit-il, le lac est la source d'eau des résidants de la ville de Bedford. Et la rivière Richelieu, qui tire son eau du lac Champlain, précise-t-il, alimente des municipalités dont la population regroupée est de 240 000. « On doit s'intéresser à ce qui se passe chez nos voisins », insiste-t-il.
Bien que la volte-face de l'administration fédérale américaine le réjouisse, M. Leduc se montre prudent. Les programmes environnementaux demeurent vulnérables puisqu'ils sont liés à des décisions politiques. « Ils sont à la merci de changements idéologiques. C'est fragile parce que des politiciens contrôlent tout ça. »
La protection de l'environnement, croit M. Leduc, devrait être enchâssée dans les constitutions des pays. « Notre Charte des droits devrait inclure le droit de vivre dans un environnement sain. »
M. Howe n'entend pas relever sa visière pour autant. Il souligne le caractère imprévisible du président Trump. « D'ici à ce que nous obtenions notre financement, bien des choses peuvent se produire. »
Le conseil d'administration du LCBP se réunira mardi matin au Domaine l'Orpailleur à Dunham. L'organisme compte quelques membres du Québec. La rencontre est publique.