Les employés du Centre Providence, à Granby, se sont livrés à une démonstration mathématique jeudi midi. Ils ont tous garé leur voiture dans les espaces qui leur sont réservés par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour prouver qu’ils ne sont pas suffisants.
Les employés du Centre Providence, à Granby, se sont livrés à une démonstration mathématique jeudi midi. Ils ont tous garé leur voiture dans les espaces qui leur sont réservés par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour prouver qu’ils ne sont pas suffisants.

Trop d’employés pour les espaces disponibles au Centre Providence

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Les employés du Centre Providence, à Granby, se sont livrés à une démonstration mathématique jeudi midi. Ils ont tous garé leur voiture dans les espaces qui leur sont réservés par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour prouver qu’ils ne sont pas suffisants.

Ils ont décidé de faire cette démonstration, alors que le CIUSSS a fait valoir la semaine dernière que le stationnement du centre, où sont offerts des services en santé mentale aux enfants et aux adultes, n’est pas rempli quotidiennement à pleine capacité.

Afin de tous garer leur voiture jeudi, les employés ont dû momentanément occuper des espaces, où ils ne peuvent pas se stationner d’ordinaire, car ils sont réservés aux visiteurs, aux usagers et aux bénévoles.

«Imaginez si tout le monde prenait sa vignette. Et il nous manque environ 40% des gens qui sont en télétravail aujourd’hui», a lancé l’un des employés, Danny Lamoureux, qui oeuvre comme psychoéducateur.

La question du stationnement est devenue un irritant majeur pour les quelque 100 employés qui doivent se partager 53 places, alors que la Ville de Granby a récemment mis en place de nouvelles interdictions de stationnement dans les rues bordant le centre. Les élus ont aussi été saisis de la problématique la semaine dernière avec le dépôt d’une pétition.

Garer leur voiture dans la rue est une option incontournable pour plusieurs travailleurs. Et comme ils effectuent plusieurs déplacements au cours d’une journée, cela se traduit par la perte d’un «temps précieux» en soins à la population, déplorent-ils.

Afin de tous garer leur voiture jeudi, les employés ont dû momentanément occuper des espaces, où ils ne peuvent pas se stationnement d’ordinaire, car ils sont réservés aux visiteurs, aux usagers et aux bénévoles, dont bon nombre de places au centre. Celles, près du bois, à droite sur la photo, ne leur sont pas accessibles non plus.

Vignette ou pas

Outre le nombre réduit de places dans le stationnement du Centre Providence, la nécessité d’acheter une vignette fait aussi partie du problème, relève la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin.

«Normalement, quand on paie pour un service, c’est parce qu’on veut l’obtenir. Ici, on nous dit de payer pour un service de stationnement, mais rien ne nous garantit qu’on va avoir une place. C’est un peu aberrant. (...) Ce n’est pas un sujet de convention collective, mais on essaie de sensibiliser nos administrateurs», souligne-t-elle.

Certains employés rencontrés par La Voix de l’Est font par ailleurs valoir qu’une voiture est requise dans le cadre de leurs fonctions. Ils ne devraient donc pas avoir à payer près de 300 $ annuellement pour une vignette de stationnement, estiment-ils.

«Si je pouvais venir à vélo au travail, comme certains employés de l’hôpital, ça ne serait pas un problème pour moi. Mais comme nous faisons des visites à domicile, il m’est interdit de venir travailler à vélo. Il ne me reste comme option que de me stationner dans les rues plus loin», déplore un employé qui a préféré ne pas s’identifier.

Démission?

La problématique de stationnement pourrait aussi inciter Carole Ducharme à revoir ses plans. Retraitée, elle a accepté de revenir au travail pour «donner un coup de main» de façon ponctuelle aux suivis intensifs dans le milieu.

«Nos autos sont requises. Mais je ne paierai pas une vignette de stationnement pour cinq journées par mois. Le fait que je sois obligée d’aller me stationner loin d’ici, surtout en hiver, ne me donne pas envie de revenir. Je pourrais donner ma démission, dit-elle. J’y ai pensé quand j’ai appris les nouvelles interdictions de stationnement dans les rues autour, dont la rue Providence.»

«On nous demande d’être performants et disponibles, mais on ne nous offre pas les conditions nécessaires. C’est assez difficile», renchérit André Delorme. Bien que ce médecin ait une vignette, il doit parfois se mettre à la recherche d’un espace disponible dans le quartier — et ainsi perdre du temps en services offerts aux patients —, faute d’une place dans le stationnement du Centre Providence.

Selon lui, de nouveaux employés sont par ailleurs attendus en janvier, alors que de nouveaux services seront offerts.

Solutions

«Je ne veux pas que ça reste lettre morte. L’hiver s’en vient. Ça va être pénible. On va faire quoi s’ils (les travaux publics) déneigent la rue Savage, par exemple, et mettent les petites affiches de stationnement interdit dans les bancs de neige», lance Danny Lamoureux.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, souhaite aussi que ça bouge. Elle devait adresser la problématique jeudi soir à l’occasion du conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Dans un monde idéal, la formation d’un comité qui rassemblerait des représentants des employés, de la direction du CIUSSS, ainsi que de la Ville de Granby, est souhaitée afin de mettre rapidement en place des solutions.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires du CIUSSS de l’Estrie-CHUS jeudi.