En donnant leur premier coup de pédale à la barre de Mobile Lave-Auto à la fin du mois de mai, Édouard Beaudry, Charles-Antoine Thibodeau et David Petit étaient loin de se douter qu’ils passeraient aussi rapidement à la quatrième vitesse.
En donnant leur premier coup de pédale à la barre de Mobile Lave-Auto à la fin du mois de mai, Édouard Beaudry, Charles-Antoine Thibodeau et David Petit étaient loin de se douter qu’ils passeraient aussi rapidement à la quatrième vitesse.

Trois jeunes entrepreneurs qui roulent leur bosse

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
En donnant leur premier coup de pédale à la barre de Mobile Lave-Auto à la fin du mois de mai, les trois jeunes entrepreneurs derrière ce nouveau service de lavage de voiture à domicile étaient loin de se douter qu’ils passeraient aussi rapidement à la quatrième vitesse. Trois semaines à peine après le lancement de l’entreprise, voilà déjà qu’une première franchise vient d’être créée sur la Rive-Sud de Montréal.

Charles-Antoine Thibodeau, Édouard Beaudry et David Petit n’ont pas chômé durant la pandémie, et ce, même si leurs cours ont été suspendus ce printemps. Le trio d’adolescents de Granby a plutôt utilisé cette pause imposée pour élaborer son plan d’affaires afin d’être fin prêt pour la belle saison, tout en profitant des conseils du père d’Édouard, un homme d’affaires aguerri de la région.

«Ça faisait un moment qu’on pensait à se lancer en affaires ensemble, raconte Édouard. On voulait passer du temps ensemble cet été et être nos propres patrons, gérer notre horaire...»

Mobile Lave-Auto a donc démarré ses activités à la toute fin du mois de mai. Comme leurs clients souhaités — les entreprises comptant des véhicules de fonction — avaient déjà un service de nettoyage ou n’étaient pas encore rouverts en raison de la pandémie, les entrepreneurs se sont tournés vers les particuliers. Une décision qui aura porté ses fruits à vitesse grand V.

Sans publicité, mais grâce à une page Facebook et le bouche-à-oreille, le carnet de rendez-vous des trois entrepreneurs, qui se déplacent à vélo chez leurs clients de Granby et des environs pour nettoyer leur véhicule, s’est rapidement rempli. Si bien qu’à l’heure actuelle, il faut compter un délai de deux semaines avant de recevoir la visite de cette brigade sur deux roues.

Tout l’équipement nécessaire au nettoyage intérieur et extérieur des voitures — aspirateur, laveuse à pression, brosses, torchons, mitaines, seau et autres— tient dans un chariot servant normalement à transporter des enfants.

Jusqu’à présent, la brigade de Mobile Lave-Auto se déplace en moyenne entre sept et dix fois par semaine.

«Et ce n’est pas rare que sur place, il y a plus d’un véhicule à laver», nuance Charles-Antoine.

La demande est à ce point au-delà de leurs attentes que les trois entrepreneurs pédalent, au sens propre comme au sens figuré, beaucoup plus que prévu. Si le rythme des affaires se maintient, trois autres de leurs comparses pourraient se joindre à l’aventure.

«On pourrait former trois équipes de deux», précise Édouard.

Qui plus est, des clients d’aussi loin que sur la Rive-Sud de Montréal ont manifesté de l’intérêt envers les services de Mobile Lave-Auto. Ce faisant, la très jeune entreprise a déjà une franchise sous sa bannière.

«Les gens nous écrivaient sur Facebook, mais ils étaient trop loin pour qu’on puisse y aller en vélo, relate Édouard. Comme on joue au soccer à Saint-Lambert, on a des amis là-bas. Et il y en a un qui nous a approchés pour partir une franchise. Ça nous rend très fiers.»

Cet ami a ainsi repris le nom de Mobile Lave-Auto et utilise les mêmes produits de nettoyage que ses collègues, moyennant une redevance de 10% pour ses revenus.

Petit coup de pouce

Or, comme toute entreprise naissante, malgré son succès inespéré, Mobile Lave-Auto ne roule pas encore sur l’or. C’est grâce à la générosité de leurs parents que les adolescents ont pu acquérir l’équipement nécessaire à la création de l’entreprise.

Ils sont présentement à la recherche d’une commandite pour leurs produits nettoyants et caressent le projet de doter leur chariot d’un drapeau aux couleurs de leur entreprise afin d’être bien visibles.

«On travaille aussi sur nos cartes d’affaires pour les distribuer à plusieurs endroits, explique Charles-Antoine. Ce ne sont pas les idées qui manquent.»