La présidente de la commission scolaire des Hautes-Rivières, Andrée Bouchard

Travaux bénévoles interdits: des Hautes-Rivières défend son règlement

L’interdiction de travaux de construction bénévoles dans ses établissements a sa raison d’être, insiste la commission scolaire des Hautes-Rivières.

Décrié par de nombreux parents et élus, le règlement adopté cette semaine stipule dorénavant « qu’aucuns travaux de construction ne seront réalisés par des bénévoles » dans les établissements de la commission scolaire montérégienne afin d’assurer « la qualité des travaux et la sécurité des élèves, du personnel et des bénévoles »

Il fait suite à la controverse survenue dans la municipalité de Saint-Sébastien en 2017. Une trentaine de parents avaient alors entrepris de repeindre l’intérieur de l’école primaire. La Commission de la construction du Québec les avait sommés d’arrêter puisqu’elle jugeait le chantier illégal, les peintres en herbe ne détenant pas de cartes de métier.

Québec a autorisé ce type d’activité quelques mois plus tard, mais des Hautes-Rivières a tout de même décidé d’aller de l’avant avec un règlement.

« C’est une question de sécurité, soutient la présidente de la commission scolaire, Andrée Bouchard. Il y avait des enfants et des enseignants qui peinturaient. L’autorisation du ministère du Travail ne nous libère pas de nos responsabilités. On ne peut pas faire rentrer les bénévoles en tout temps et faire n’importe quoi. »

« Il fallait se donner une orientation claire et nous sommes la première commission scolaire à passer une résolution de ce type », ajoute Mme Bouchard.

Écaillures
De plus, la peinture commence à s’écailler à l’école Capitaine-Luc-Fortin, dit la présidente. « Ça n’a sans doute pas été fait comme ça doit être fait dans les édifices publics », dit Mme Bouchard, évoquant « peut-être une surface mal préparée ou une mauvaise qualité de la peinture ou de l’apprêt ».

« Je ne veux pas desservir les bénévoles, mais les travaux auraient dû être faits sous la supervision d’un responsable des ressources matérielles de la commission scolaire. » Andrée Bouchard reconnaît cependant que les ressources de la commission scolaire sont insuffisantes pour permettre d’affecter un employé à cette tâche.

Des Hautes-Rivières laisse toutefois une ouverture dans son règlement pour permettre « la réalisation de certains travaux dans des situations particulières et selon des conditions définies par la direction générale ».

Après de nombreuses années de compressions, la commission scolaire peut compter sur un budget de 8 M$ pour réaliser des travaux dans ses 53 établissements, dit la présidente. Les priorités sont établies par un comité de répartition des ressources. « D’ici 15 ans, on aura peint toutes les écoles », dit Mme Bouchard.

« Ridicule », dit Bonnardel
Le député et leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, se souvient que le règlement déposé à Québec pour permettre aux parents bénévoles de réaliser de menus travaux dans les écoles de leurs enfants avait été applaudi.

« Je trouve ridicule que la commission scolaire revienne comme avant pour donner les travaux à faire à des personnes spécialisées quand on sait que le déficit d’entretien touche une école sur deux au Québec. Vous allez me demander qui va surveiller ? Il existe des comités de parents dans chaque école. Je ne peux pas croire que, dans ces comités, il n’y ait pas un parent qui ne va pas jeter un petit coup d’œil pour voir de quoi ça a l’air après. Il faut appliquer le gros bon sens. Ce n’est pas vrai qu’on va empêcher les parents de faire de menus travaux bénévolement quand on sait qu’une école sur deux a besoin d’amour au Québec. »

Il invite par ailleurs la commission scolaire du Val-des-Cerfs à ne pas suivre la direction prise par des Hautes-Rivières.

— Avec la collaboration de Cynthia Laflamme