Le travailleur est décédé après avoir été heurté par ce camion, dans la cour de l’entreprise Normand Jeanson Excavation.

Travailleur heurté par un camion: la CNESST identifie trois causes

Un va-et-vient incessant de camions, une alarme sonore difficile à cerner et des méthodes de travail dangereuses compte tenu de l’environnement.

La CNESST a rend publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à Frédérick Mailloux, opérateur de pelle excavatrice au service de l’entreprise Normand Jeanson Excavation. L’événement malheureux a eu lieu à Stukely-Sud, le 15 août 2017.
L’enquête a permis de retenir trois causes pour expliquer l’accident, ont mentionné Johanne Marquis, inspectrice, et Sébastien Thellend, inspecteur.
La trajectoire empruntée par le travailleur a croisé la trajectoire du camion-benne pendant la manœuvre de recul. Il n’a pas perçu le danger du camion-benne qui reculait derrière lui, énumère-t-on. La méthode de travail utilisée pour la livraison de la terre de remplissage dans la cour n’a pas tenu compte de la présence ou de la circulation possible de travailleurs. On aurait dû avoir recours à un signaleur pour superviser le travail, a expliqué Mme Marquis.
«L’alarme sonore du camion fonctionnait, mais le travailleur ne s’est pas retourné pour le voir.»
«Les recherches sur ce type d’alarme démontrent qu’il est difficile de distinguer si le véhicule avance ou recule.»

 Frédérick Mailloux

Le jour de l’accident, des travaux d’agrandissement du stationnement de l’entreprise Normand Jeanson Excavation étaient en cours depuis le matin.  Le chantier nécessitait la livraison de terre de remplissage par camion-benne.
Un camionneur a entrepris une manœuvre de recul à partir de la route 112 vers la cour en regardant dans ses rétroviseurs, sans toutefois y apercevoir M. Mailloux. Ce dernier se déplaçait à pied en direction du fond de la cour où se trouvait le chantier. Le travailleur, qui faisait alors dos au camion, et se trouvait dans son angle mort. La victime a été écrasée par le poids lourd, a ajouté M. Thellend,
Les secours ont été appelés et le décès du travailleur a été constaté sur place.

Animation

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit la poursuite des travaux de remplissage du stationnement. La reprise des travaux a été autorisée après que l’employeur a présenté une méthode de travail sécuritaire, qui inclut un plan de circulation pour les véhicules et la présence d’un signaleur de chantier pour diriger les camionneurs.
L’employeur a reçu un constat d’infraction qui s’accompagne d’une amende allant de 16 000 à 33 000 $, a mentionné Robert Larouche, directeur du service de la prévention et de l’inspection à la CNESST, sans préciser le montant exact. Il s’agit de la première offense au dossier de l’entreprise Normand Jeanson Excavation.
Au cours de cinq dernières années, on rapporte 21 décès dans pareille situation, a mentionné Johanne Marquis.
La CNESST rappelle que la circulation des véhicules automoteurs doit être contrôlée de manière à protéger toutes les personnes sur un chantier. À cette fin, le maître d’œuvre doit planifier la circulation de ces véhicules de manière à restreindre les manœuvres de recul et mettre en place des mesures de sécurité pour protéger toute personne qui circule sur le chantier.
L’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens nécessaires pour les éliminer ou les contrôler.
La CNESST transmettra les conclusions de son rapport aux organismes oeuvrant dans le domaine de la construction pour les informer des modifications réglementaires concernant les manœuvres de recul des équipements lourds sur les chantiers, en vigueur depuis le 31 décembre 2015.