Quel montant paiera la CDPQ pour utiliser les voies ferroviaires sur le nouveau pont Samuel-De Champlain? Ces informations sont confidentielles, soutient le gouvernement fédéral.

Transport en commun sur le nouveau pont Champlain: Paradis exige plus de transparence

Les frais d’utilisation que paiera la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour que les trains de son Réseau électrique métropolitain (REM) passent sur le nouveau pont Samuel-De Champlain ne sont pas de nature publique, soutient Infrastructure Canada. Une situation que déplore le député de Brome-Missisquoi Denis Paradis, qui exige plus de transparence de la part des autorités fédérales.

« Je crois que ces informations devraient être rendues publiques. Ce sont tous les citoyens canadiens qui paient pour ce pont, ils ont le droit de connaître tous les détails. En plus, ce n’est pas comme si on avait trois ou quatre entreprises en compétition pour avoir le droit de passer sur les voies ferroviaires. Il n’y en a qu’une, c’est le REM de la Caisse de dépôt », soutient M. Paradis contacté par La Voix de l’Est. « Quel est l’arrangement financier entre ces organisations ? On est en droit de le savoir », tranche-t-il.

Infrastructure Canada, l’entité du gouvernement fédéral responsable d’assurer la liaison avec Signature sur le Saint-Laurent, le consortium privé qui construit le nouveau pont, a refusé cette semaine de nous dévoiler les frais que devra payer la CDPQ pour utiliser les rails sur le tablier central du pont.

« (...) Les frais futurs d’utilisation du tablier central du pont par le train du REM font présentement partie de discussions commerciales confidentielles », a écrit Josianne Martel, conseillère principale en communication d’Infrastructure Canada.

Dans un échange de courriels, Mme Martel confirme que l’entrée en fonction du REM, prévue en 2021 ou 2022, marquera la fin des voies réservées pour les autobus publics et privés lors de la période de pointe du matin. Les autobus de Transdev-Limocar, qui assurent la liaison Sherbrooke-Montréal, ne pourront plus emprunter les voies réservées pour se rendre à la gare d’autobus sur la rue Berri. Signature sur le Saint-Laurent précise qu’ils pourront utiliser les voies normales.

Le REM est un projet novateur, estime M. Paradis, parce qu’il permettra de transporter des milliers de passagers tous les matins de la semaine de la Rive-Sud à Montréal à bord de trains légers. L’abandon des voies réservées est toutefois risqué pour les voyageurs qui arrivent de plus loin, selon lui. Les passagers des autobus de Transdev-Limocar, qui montent notamment à bord lors d’arrêts à Bromont, Granby et Ange-Gardien, utilisent ce moyen de transport parce qu’il leur permet de gagner le centre-ville rapidement en évitant le trafic sur les voies réservées lors de la période de pointe.

« J’en ai parlé avec deux personnes qui utilisent ce service tous les jours de la semaine. Ils me disent que ça fonctionne très bien. Est-ce que le REM peut être aussi efficace pour eux ? On ne sait pas ce que ça va donner. Ça reste à voir. Mais on a présentement un service qui fait le travail. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas continuer d’utiliser les voies réservées. »

Prendre l’automobile

C’est sans oublier le prix que paient les utilisateurs des services de Transdev-Limocar, signale le vétéran député.

« Ils paient déjà pas mal cher (ndlr: près de 480 $ mensuellement). Combien devront-ils payer pour prendre le REM ? Il faut faire attention parce que ça peut faire en sorte que des gens décident d’utiliser leur automobile pour se rendre sur la Rive-Sud pour prendre le REM. Ça n’aurait pas de bon sens d’ajouter tous ces véhicules sur l’autoroute. »

Il reste du temps aux responsables de l’organisation du transport en commun à Montréal de corriger le tir, insiste M. Paradis. « Ils ont le temps d’analyser la situation et de se tourner de bord pour prendre les meilleures décisions possible. »

Par ailleurs, ce n’est pas Signature sur le Saint-Laurent qui a décidé d’interdire aux autobus publics et privés d’utiliser les voies réservées sur le nouveau pont Samuel-De Champlain, mais plutôt les autorités gouvernementales. « Cette décision a été prise conjointement par le gouvernement du Canada, qui est propriétaire du pont, la CDPQ Infra, le gouvernement du Québec, et l’Autorité régionale de transport métropolitain(ARTM) », écrit Mme Martel.