«Je n’aime pas que les enfants soient comme des animaux qu’on change d’enclos», dit le maire de Bromont Louis Villeneuve, photographié devant l’école de La Chantignole.
«Je n’aime pas que les enfants soient comme des animaux qu’on change d’enclos», dit le maire de Bromont Louis Villeneuve, photographié devant l’école de La Chantignole.

Transfert d’élèves: le maire de Bromont mécontent

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Le manque de place à l’école primaire La Chantignole, à Bromont, forcera six enfants à fréquenter l’école d’une municipalité voisine à la prochaine année scolaire, ce qui ne fait pas l’affaire du maire Louis Villeneuve.

«Je ne cherche pas la guerre, mais on veut que nos élèves restent chez nous, indique-t-il. Il faut trouver des solutions. Je n’accepte pas ça.» Les élèves concernés, trois de 1e et autant de 6e année, doivent prendre le chemin de Waterloo, toujours en Montérégie, en septembre.

M. Villeneuve dit avoir suggéré au centre de services scolaire du Val-des-Cerfs d’augmenter le nombre d’élèves dans certaines classes, mais cette avenue s’avérerait impossible compte tenu des ratios maître-élèves à respecter. La Chantignole a une classe vide, mais le nombre d’élèves en trop est trop faible pour l’ouvrir.

Le maire de Bromont avance également l’idée d’aménager une unité mobile, communément appelée roulotte, à côté de l’autre école primaire de Bromont, Saint-Vincent-Ferrier — d’autant plus que cette école en a longtemps utilisé une — et ne ferme pas la porte à en partager les frais avec Val-des-Cerfs. 

«Je comprends que le centre de services scolaires gère en fonction des règles édictées par le Ministère, mais on parle d’enfants, et je n’aime pas que les enfants soient comme des animaux qu’on change d’enclos, dit M. Villeneuve. Je ne veux pas avoir l’air bébé la la, mais il y en a qui habitent à moins d’un kilomètre de l’école de Bromont... Ça vient me chercher.»

Inévitable

Au centre de services scolaire, on précise que ces transferts sont inévitables compte tenu des budgets alloués et des ratios maître-élèves à respecter. Ces déplacements «ne sont jamais faciles pour nous», dit Paméla Blouin, coordonnatrice aux communications à Val-des-Cerfs, mais elle rappelle qu’il y en a chaque année.

Une nouvelle unité mobile à Bromont est aussi exclue, dit Mme Blouin, puisque Québec ne financera pas de nouvelle construction s’il y a de la place dans une autre école primaire à moins de 20 km. Waterloo est située à 11 km de Bromont.

Louis Villeneuve appelle quant à lui à une réflexion et estime qu’il y a lieu de revoir les règles.

«J’aimerais qu’on s’assoie avec le Ministère et les centres de services scolaire pour rebrasser les cartes. Je pense que c’est ensemble qu’on trouvera une solution. Là, les parents m’appellent, et c’est triste parce que je n’ai aucun pouvoir. Je ne dis pas que les autres écoles ne sont pas bonnes, je veux qu’on tende à garder nos élèves chez nous.»

Il ajoute que Bromont se développe beaucoup et que le problème d’espace dans les écoles sera récurrent puisque «la COVID va exacerber la venue de nouvelles familles à Bromont». «Y’a du monde qui veulent sortir de la grande ville, dit le maire. Ça va être quoi l’an prochain? Au bout de ça, ce sont les enfants qui vivent ça, et je ne sens pas beaucoup de place à la créativité et au dialogue.»