Voici l’équipe qui chapeaute le programme InterNeurone: Marylène Gagné, Nicolas Benny, Marika Zgela, Véronique Angers, Mélanie L’Heureux, Francis Valcourt, Nadia Chaput et Mélanie Demers (absent : Dr Philippe Gariépy).

Traitement des commotions cérébrales: un programme unique à Granby

Les gens de la région victimes d’une commotion cérébrale n’auront plus à se rendre à Saint-Hyacinthe ou Sherbrooke pour être traités par des professionnels de la santé. D’ici quelques jours, la Polyclinique de Granby prendra cette clientèle en charge via InterNeurone, un programme unique piloté par une équipe multidisciplinaire.

« Actuellement, les spécialistes voient en îlot les patients ayant subi des commotions cérébrales ou des traumatismes légers. Il n’y a pas de communication convenable entre eux. On a donc créé une équipe pour favoriser les échanges interdisciplinaires pour maximiser les services de réhabilitation offerts à cette clientèle », a indiqué en point de presse Francis Valcourt, physiothérapeute et ostéopathe.

Ce groupe est composé de neuf spécialistes répartis dans cinq champs d’activité : neuropsychologie, physiothérapie, ergothérapie, chiropractie et kinésiologie. À l’équipe s’est greffé le Dr Philippe Gariépy, spécialisé en médecine sportive.

Chacune de ces disciplines peut être mise à contribution pour un même patient. « On établit des priorités selon l’urgence. Le premier thérapeute qui voit la personne va ensuite décider vers quelle spécialité on va diriger le patient », a résumé Mélanie L’Heureux, ergothérapeute.

Suivi

Le succès de la réhabilitation après une commotion cérébrale ou un traumatisme craniocérébral léger (TCCL) réside principalement dans la qualité du suivi auprès des patients. Or, c’est ce qui fait bien souvent défaut dans l’approche du réseau public, a fait valoir Francis Valcourt.

En ce moment, les médecins dirigent les gens à Sherbrooke ou à Saint-Hyacinthe. Ensuite, une infirmière fait un simple appel dans les semaines subséquentes pour vérifier si la récupération se passe bien. Ce n’est pas suffisant, affirme l’ostéopathe.

« C’est très important d’avoir un suivi après une commotion cérébrale ou un traumatisme léger. Bien suivre un protocole au quotidien, c’est difficile. Trop souvent, les personnes sont laissées à elles-mêmes. Elles interprètent [les démarches] à leur façon. On doit encadrer le patient pour optimiser la récupération », a-t-il indiqué, précisant que les symptômes post-traumatiques peuvent perdurer pendant près d’un mois après l’événement.

Sensibilisation

Selon Francis Valcourt, au cours des cinq dernières années, le nombre de cas de commotions cérébrales et de TCCL traités à la Polyclinique de Granby a connu une forte hausse. Et les causes sont très variées. « On voit autant des accidentés de la route que des gens qui ont déboulé les escaliers chez eux », a-t-il mentionné.

Le phénomène et ses répercussions demeurent toutefois méconnus, a-t-il poursuivi.

« Bien des gens minimisent les impacts à la tête. Ils réalisent souvent plus tard, même à long terme, qu’ils auraient dû consulter ». Les vertiges font partie des signes fréquemment observés chez des individus ayant subi un traumatisme.

La sensibilisation des médecins est aussi très importante. Francis Valcourt compte d’ailleurs sur la collaboration d’un grand nombre d’omnipraticiens et de spécialistes de la région pour diriger leurs patients vers le programme InterNeurone. « On a un service unique et une équipe unique, a-t-il indiqué en entrevue. Tous les ingrédients sont en place pour la réussite de la réhabilitation des patients. »

Un relevé des phases du mouvement du genou est réalisé à l’aide de capteurs reliés à un logiciel à la fine pointe.

À vos genoux

En parallèle au lancement de son programme pour les victimes de commotions cérébrales, la Polyclinique vient de se doter d’un équipement à la fine pointe pour décortiquer les mouvements du genou et faciliter le diagnostic de problèmes ou pour les prévenir.

Le système a été développé en collaboration avec trois centres universitaires : le CHUM, le laboratoire de l’École de technologies supérieures ainsi que des orthopédistes des hôpitaux Jean-Talon et Sacré-Coeur à Montréal. La compagnie Emovi commercialise l’équipement. La clinique granbyenne est la seule dans la région à l’avoir acquis.

En quelques minutes, on installe des capteurs sur chaque genou du patient. Ceux-ci communiquent ensuite avec un logiciel qui analyse les données recueillies pendant que l’individu marche sur un tapis roulant. Il est possible de visualiser les quatre phases de la marche dans un graphique.

« C’est un outil très précieux pour poser un diagnostic pointu, a indiqué Francis Valcourt. Il n’y a rien de comparable sur le marché qui puisse nous aider à trouver les solutions appropriées pour corriger un problème biomécanique. »