Selon François Rebello, les promoteurs immobiliers devront injecter des capitaux pour que le projet de train Montréal-Sherbrooke voie le jour.

Train Montréal-Sherbrooke: l’immobilier au coeur du projet

La Central Maine & Quebec Railway (CMQR), propriétaire du réseau ferroviaire entre Montréal et Sherbrooke, ne compte pas investir dans le projet de train de passagers et de marchandise entre les deux municipalités, a dévoilé La Voix de l’Est. Le président de la Fondation Trains de nuit, François Rebello, qui pilote les finances de l’initiative, se tourne notamment vers les promoteurs immobiliers pour boucler le budget.

« CMQR devait assumer la moitié du montant pour remettre la voie ferrée en état. L’entreprise a évolué dans sa position, alors on doit trouver un plan B », a fait valoir l’homme d’affaires.

Cette solution s’articule autour des projets de promoteurs en branle ou à venir dans le secteur du réseau ferroviaire. « Je dois travailler pour générer de l’argent autour des projets immobiliers pour être capable de rentabiliser les investissements dans le train », a fait valoir le président de la Fondation Trains de nuit, faisant le parallèle avec le projet chapeauté par Brightline en Floride.

Initialement, la facture pour la réfection du tronçon du réseau ferroviaire appartenant à la CMQR a été évaluée à 44 M $, afin de permettre au train d’atteindre une vitesse moyenne de 55 milles à l’heure, avec des pointes à 80 milles à l’heure. La compagnie américaine devait assumer la moitié de cette somme.

Le montant global de capitaux était de 78,6 M $, auquel on a additionné une contingence (marge) de 15 %, soit 11,7 M $. Le scénario évoqué il y a près de deux ans prévoyait que 38 M $ du budget total proviendraient de fonds privés. L’ensemble des villes était alors appelé à injecter 8 M $ dans le projet.

Au terme de pourparlers, plusieurs localités avaient fait un pas en avant. C’est notamment le cas de Farnham, qui a accordé près d’un demi-million $ réparti sur dix ans à la Fondation trains de nuit. Bromont a fait de même en s’engageant à hauteur de 1 M $ étalés sur la même période. Sherbrooke devait assumer la plus grande part de l’enveloppe en déboursant 3 M $ échelonnés sur une décennie. Bromont disposerait d’une des gares de la région, tout comme Farnham.

Les 44 M $ manquants étaient attendus des deux paliers de gouvernements, soit 18 M $ de Québec et 26 M $ d’Ottawa.

Or, ces données ont été revues à la hausse, a indiqué François Rebello sans vouloir en préciser la teneur, car une nouvelle étude, visant à accroître le transport de marchandises sur le tronçon ferroviaire Montréal-Sherbrooke, vient d’être remise aux maires des municipalités concernées par le projet. Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir ce rapport et les chiffres en découlant.

Nouvelle alliée

Les maires qui chapeautent le projet de train, notamment Louis Villeneuve à Bromont, Patrick Melchior à Farnham, Steve Lussier à Sherbrooke et Vicki-May Hamm à Magog, ont maintenant une nouvelle alliée au sein du gouvernement Trudeau : Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture. Les grandes lignes du projet lui ont été présentées dans le cadre d’une rencontre avec les élus municipaux, mercredi.

Mme Bibeau estime qu’un premier pas est franchi pour que le projet obtienne le soutien du gouvernement fédéral.

« C’était la première fois que j’avais un signe concret de mobilisation de la part des maires de Bromont, de Magog, de Farnham et de Sherbrooke qui sont venus me rencontrer. C’est un grand projet qu’ils sont venus me présenter. Il me fera plaisir de pouvoir pousser le dossier avec eux à différents niveaux », a-t-elle affirmé.

« Je dirais qu’il y a clairement une première étape qui est franchie, a-t-elle ajouté. C’est un projet qui implique plusieurs partenaires. Le secteur privé est clé là-dedans. Le rôle des entreprises et des industriels le long du tracé sera important pour démontrer que le marché est là pour payer ces infrastructures en partage de coûts. Il y a plusieurs étapes à franchir encore. J’ai des devoirs à faire pour connaître les programmes possibles au fédéral. »

Selon Louis Villeneuve, la sécurité demeure en haut de la liste des priorités de Bromont dans ce dossier.

« On a exprimé à Mme Bibeau nos priorités. Le transport de passagers est important, mais le transport de marchandises l’est tout autant. Il y a tout un volet économique et environnemental. Ce qu’on peut dire, c’est que le dossier avance rondement », a souligné le maire de Bromont.

De son côté, Steve Lussier indique que le transport de marchandises sera une priorité, notamment pour la construction d’une nouvelle gare de triage avec les municipalités voisines.

« Nous avons rencontré Mme Bibeau pour voir avec elle les étapes à suivre pour aller chercher des fonds, a-t-il dit. Un nouveau rapport sera présenté aux membres du conseil municipal sous peu. Le dossier sera expliqué pour que nous décidions jusqu’où nous voulons aller. »

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires du maire de Farnham, Patrick Melchior, jeudi.

— Avec la collaboration de Jonathan Custeau, La Tribune