Le président de Train-Hôtel, François Rebello, pilote le projet de train de passagers Montréal-Sherbrooke.

Train Montréal-Sherbrooke: la firme Ipsos sonde la population

L'étude de faisabilité du projet de train de passagers reliant Montréal et Sherbrooke, avec des arrêts envisagés à Farnham et Bromont, progresse. Après l'évaluation de l'achalandage sur les autoroutes qui desservent les villes ciblées pour l'éventuel tracé ferroviaire, la firme Ipsos s'apprête à sonder les citoyens concernant leur intérêt pour un tel service.
L'homme d'affaires François Rebello, président de l'entreprise Train-Hôtel, est d'avis que le projet de train de passagers est plus que jamais sur les rails. L'apport des municipalités et des organisations qui se sentent « interpellées » par le projet fait « toute la différence », a-t-il indiqué en entrevue. « Vraiment, le projet avance très bien. Tout se déroule comme prévu. Ce que je retiens de plus positif, c'est le fait que l'on ait impliqué toutes les villes le long du tracé. C'est incontournable pour obtenir du financement des gouvernements [fédéral et provincial]. Ça va nous permettre de nous rendre au bout. »
Le promoteur a confié le mandat à l'école Polytechnique d'évaluer le trafic sur les autoroutes entre Montréal et Sherbrooke. « Ça a été complété. L'analyse des données est en cours et on devrait avoir les chiffres bientôt », a mentionné François Rebello. L'autre portion de l'enquête sera faite par la firme de recherche marketing Ipsos.
La Voix de l'Est a eu accès au sondage qui, selon le dirigeant de Train-Hôtel, doit être réalisé d'ici près de deux semaines. L'échantillon comprendra 1400 personnes de Montréal et des Cantons-de-l'Est, qui résident dans un rayon de 10 km des gares des municipalités le long du tracé. Les questions portent notamment sur les moyens de transport utilisés par les répondants lors de leurs déplacements ainsi que de leur intérêt pour un éventuel train de passagers. Rappelons que des arrêts sont envisagés à Montréal, Saint-Jean-sur-Richelieu, Farnham, Bromont, Magog et Sherbrooke. « Une connexion près de Brigham permettrait d'aller vers New York », a fait valoir le maître d'oeuvre du projet. Des itinéraires vers le Maine et Boston sont aussi dans les cartons.
Partenariats
Un montant global de 300 000 $ est prévu pour la réalisation de l'étude de faisabilité, qui devrait s'échelonner sur un an. La Voix de l'Est avait dévoilé en primeur son lancement, en octobre. La moitié de cette somme sera assumée par la Fédération canadienne des municipalités (FCM), qui puisera ce montant à même les revenus d'un Fonds de dotation, duquel découle le Fonds municipal vert. Ottawa a contribué à hauteur de 550 millions pour sa création. Cette subvention de la FCM pourrait atteindre 175 000 $. Le budget doit être bouclé avec l'aide du privé. Rappelons que l'enveloppe pour l'étude de faisabilité est gérée par la Fondation train de nuit, un organisme sans but lucratif chapeauté par M. Rebello.
Pour qu'un train de passagers relie Montréal et Sherbrooke, et transite éventuellement par le Maine, New York et Boston, les convois devront atteindre minimalement 50 mi/h, soit le double de la vitesse permise actuellement. Ceci implique des investissements majeurs pour la mise à niveau des infrastructures ferroviaires. À ce chapitre, la Central Maine & Quebec Railway (CMQ), propriétaire du chemin de fer, a injecté plus de 25 M$ au cours des derniers mois. Selon M. Rebello, la CMQ contribuera à hauteur de 80 000 $ au projet. 
Ouverture 
Le sujet du train de passagers a eu des échos durant une rencontre citoyenne du premier ministre à Sherbrooke, mardi. Justin Trudeau a alors été questionné par Robert Ranger, conseiller municipal de Magog, à propos d'un éventuel soutien financier du fédéral. « L'Estrie, c'est l'environnement. Magog travaille avec les villes de Sherbrooke et de Bromont pour essayer de faire un transport en commun ferroviaire pour aller à Montréal, a fait valoir l'élu. [...] Pourriez-vous nous aider à faire ce projet ? »
Sans s'engager formellement, le chef libéral a démontré une certaine ouverture. « Pour ce projet, on s'est engagé à des investissements en infrastructures dans les années à venir. On parle de 180 milliards de dollars pour la prochaine décennie. [...] Je vous encourage à travailler avec Québec, a-t-il dit, mais aussi avec notre ministre aux infrastructures au fédéral. [...] On cherche de bons projets qui vont aider les communautés à s'épanouir, les gens à réussir tout en protégeant l'environnement et en augmentant la productivité. J'ai bien hâte de voir les discussions [s'amorcer] avec vos communautés. »