Pour le juge de la Cour du Québec, il ne fait aucun doute de la culpabilité d’André Labrie.

Trafic de stupéfiants à Granby : un accusé peu convaincant

Incohérences, « détails farfelus et explications rocambolesques ». C’est en ces mots que le juge de la Cour du Québec, Serge Champoux, décrit le témoignage du Granbyen Alain Labrie, au terme duquel il a été reconnu coupable de trafic de stupéfiants.

L’inculpation du trafiquant de drogues résulte d’une opération de surveillance et de filature du suspect par le service de police de Granby. « Les 24, 27 et 28 février, 1, 2 et 6 mars [2017], la Sûreté municipale de Granby effectue six périodes de surveillance sur la résidence du 189, 9e rang Ouest à Granby, résidence où il est admis que l’accusé demeure en compagnie de sa fille, de son gendre et de l’enfant de ces derniers. [...] Pendant ces mêmes surveillances, à huit reprises, André Labrie est vu quitter avec son véhicule pour de brèves périodes puis revenir ou encore, lorsque les policiers le suivent jusqu’à sa destination, il se rend pour de très courtes périodes dans des habitations et en ressort aussitôt. Pour les policiers, ce va-et-vient à la résidence, de même que les courts déplacements de l’accusé sont compatibles avec des activités de trafic de stupéfiants », mentionne le jugement.

Les policiers perquisitionnent la demeure du suspect le 8 mars 2017. Sur place, « les policiers trouvent 134,19 g de cannabis en cocottes, plus de 7 kg de feuilles dans un congélateur, dans un état douteux, 288 pilules de méthamphétamines, 20 g de lidocaïne et 0,34 g de cocaïne. [...] La cocaïne est mélangée à de la lidocaïne. Les policiers découvrent aussi quatre balances électroniques, une liste de noms et de chiffres qui représentent, selon eux, la comptabilité de l’accusé de ses activités criminelles », détaille le juge Champoux.

Nettoyeur à tapis

Tant les témoins que l’accusé se contredisent à de nombreuses occasions lors de leur passage devant la cour. Une discordance que relève le juge à plusieurs reprises. « Que dire du témoignage de l’accusé ? Par où commencer ? Il y aurait tellement d’exemples d’incohérences, de détails farfelus et d’explications rocambolesques qu’en faire l’inventaire serait inutile et redondant », soutient le juge Champoux.

Le magistrat donne en exemple le fait que M. Labrie tente de berner la justice à propos de son usage de lidocaïne, un anesthésique fréquemment utilisé pour couper la cocaïne, entre autres. « Que fait-il avec ce contenant de 20 g de lidocaïne ? Selon André Labrie, il l’utilise comme nettoyeur à tapis. Il achète ce produit d’entretien ménager, manifestement en très petite quantité. Le bon sens indique qu’avec 20 g, environ ¾ d’once, on ne doit pas nettoyer un bien grand tapis. Quoi qu’il en soit, il a acheté ce produit de nettoyage dans un commerce de vapotage où l’on vend aussi des objets sexuels. Que dire de plus ? », relate-t-il.

Pour le juge de la Cour du Québec, il ne fait aucun doute de la culpabilité d’André Labrie. « La preuve dans son ensemble est claire et concluante. Les éléments habituels, normaux, prévisibles s’y retrouvent. L’accusé a le profil typique, l’équipement, les quantités et l’argent du trafiquant de drogue et je suis convaincu hors de tout doute raisonnable que c’est exactement ce qu’il était. »

Le trafiquant de drogue recevra sa sentence ultérieurement.