Le commerce dirigé par l’accusé, le 710 CRC, avait fait l’objet d’une opération policière le 28 août dernier.

Trafic de cannabis: «La sévérité doit demeurer» malgré la légalisation, dit le tribunal

Que le cannabis soit désormais légal — sous certaines conditions — n’atténue pas la gravité des infractions commises en lien avec cette substance.

Le tribunal l’a rappelé jeudi en envoyant en prison, pour huit mois et demi, un homme de Granby coupable de diverses infractions reliées à cette drogue, notamment d’avoir ouvert un dispensaire de marijuana dans la rue Principale.

Simon Campeau, 22 ans, a déclaré au tribunal qu’il croyait agir légalement en ouvrant le 710 CRC (pour Centre de ressource du cannabis), qui fournissait des détenteurs de prescriptions pour du cannabis médical. 

Les faits soumis au tribunal démontrent toutefois qu’il vendait également de cette drogue à des clients qui ne possédaient pas un tel permis.

La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, n’a de toute façon pas cru à sa version. «L’accusé savait très bien que c’était illégal et se croyait intouchable», a-t-elle déclaré lors du prononcé de sa sentence.

Simon Campeau a été condamné à huit mois et demi de prison. Il était détenu depuis son arrestation.

Récidive

Elle a rappelé que M. Campeau idolâtrait cette drogue, qu’il fume depuis l’âge de 10 ans, et a déjà mentionné qu’il «contournerait le système toute sa vie».

Son fort risque de récidive a pesé dans la balance quant à la peine imposée. L’arrestation de M. Campeau, en août dernier, est également survenue à un drôle de moment puisqu’il était en attente d’une sentence pour... possession de cannabis.

Il n’a donc pas respecté ses conditions de remise en liberté tout en commettant de nouvelles infractions, sur une longue période et avec de grandes quantités de drogue. Près de 947 grammes de cannabis — sous diverses formes incluant des feuilles séchées, de la poudre à gâteau et des jujubes — avaient été saisis au défunt 710 CRC.

Au chapitre des facteurs atténuants, la juge Beauchesne a relevé que le jeune homme avait bien collaboré avec les autorités, qu’il avait plaidé coupable, qu’il n’avait pas d’antécédent judiciaire et possédait une scolarité limitée, ayant abandonné l’école tôt à l’adolescence.

Elle a aussi servi une mise en garde à ceux qui croient, à tort, que les tribunaux sont plus cléments depuis la légalisation du cannabis.

La gravité objective de ces crimes, souvent associés au crime organisé, reste importante, a dit la juge Beauchesne en citant des décisions antérieures, et «la sévérité doit demeurer.»

Virage

En défense, Me Nathalie Roy avait fait valoir que son client regrettait ses crimes et a amorcé un virage dans sa vie, notamment en suivant un cours de prévention des dépendances et en envisageant de finir son secondaire. Il cherche également un emploi.

Elle recommandait une peine de 90 jours de prison à purger les fins de semaine ainsi que des travaux communautaires.

Pour la Couronne, Me Simon Lacoste avait de son côté suggéré une sentence de 15 à 18 mois de prison. Simon Campeau était détenu depuis son arrestation le 28 août dernier.