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Au domicile de Marc-André Lacroix, les policiers avaient saisi 16 armes à feu dont certaines modifiées, des pièces, des munitions, trois cellulaires, du matériel informatique, un poing américain et un couteau à lame automatique.
Au domicile de Marc-André Lacroix, les policiers avaient saisi 16 armes à feu dont certaines modifiées, des pièces, des munitions, trois cellulaires, du matériel informatique, un poing américain et un couteau à lame automatique.

Trafic d’armes: un accusé s’amusait à faire tirer une enfant de 12 ans

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
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Un homme de Marieville (Montérégie) accusé de trafic et de fabrication d’armes à feu s’amusait à faire tirer au pistolet, chez lui, une fillette de 12 ans.

Une vidéo de cette activité a été déposée en preuve, mercredi, lors de l’enquête sur remise en liberté de Marc-André Lacroix, 42 ans.

M. Lacroix et sa conjointe, Audrey Poirier-Beausoleil, ont été arrêtés en mai à leur domicile du chemin du Ruisseau-St-Louis Ouest et font face à 28 accusations criminelles. Seule Mme Poirier-Beausoleil a déjà obtenu sa remise en liberté.

Sur place, les policiers ont saisi 16 armes à feu dont certaines modifiées, des pièces, des munitions, trois cellulaires, du matériel informatique, un poing américain et un couteau à lame automatique.

On soupçonne le couple de s’être adonné au trafic et, surtout, à la fabrication d’armes à feu à partir de pièces de pistolets à air comprimé.

Collectionneur ?

Questionné à son arrestation, M. Lacroix a reconnu fabriquer de telles armes, tout en indiquant qu’il pouvait en avoir donné en cadeau — notamment à un membre du crime organisé — et qu’il n’est pas responsable de ce que les gens en font.

L’un de ses pistolets a toutefois été retrouvé sur les lieux d’un meurtre commis à Longueuil en 2017, a précisé Me Cimon Sénécal, du bureau de la Couronne au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

De plus, a demandé le procureur, si M. Lacroix se présente comme un collectionneur, pourquoi effaçait-il les numéros de série de ses fabrications ? Et comme il est très endetté, pourquoi les donner, puisqu’elles valent jusqu’à 5000 $ sur le marché noir ?

Beaucoup d’argent comptant, une comptabilité étoffée et divers objets à l’effigie de motards criminels ont également été trouvés chez lui lors de son arrestation, ce qui laisse croire à un trafic important, a déclaré Me Sénécal.

L’aspect dangereux de ses activités milite également en faveur d’une détention prolongée, a-t-il ajouté. « Ici, la victime, c’est la société, c’est elle qu’il faut protéger. »

Commerce ?

À la défense, Me Jean-François Ouellet a plutôt fait valoir que son client n’avait pas d’antécédent criminel, qu’il sera acculé à la faillite s’il ne peut réintégrer son emploi de cariste dans un usine de Rougemont et qu’il n’a pas de lien prouvé avec le crime organisé.

Des arguments que le juge Serge Delisle, de la Cour du Québec, n’a pas retenus. Avec tout l’équipement trouvé chez Marc-André Lacroix « ça commence à être du commerce », a-t-il déclaré.

Évoquant une « très forte probabilité de condamnation », le juge a souligné la dangerosité de l’accusé « surtout dans un contexte actuel où le problème des armes est présent et croissant ».

Marc-André Lacroix a aussi offert peu de garanties pour sa remise en liberté, ayant admis qu’il ignorait qui se portait garant de sa caution de 5000 $. Et quant à la vidéo où le couple incite le fillette à tirer du pistolet, il juge cet événement « préoccupant ».

La remise en liberté sous conditions a donc été refusée et l’accusé reste détenu pour la suite des procédures judiciaires.