«Dans un scénario catastrophe, des gens pourraient utiliser des méthodes violentes pour protester contre l’élection de Joe Biden», dit Dominic Dumas, politologue et enseignant d’histoire et de science politique au Cégep de Granby.
«Dans un scénario catastrophe, des gens pourraient utiliser des méthodes violentes pour protester contre l’élection de Joe Biden», dit Dominic Dumas, politologue et enseignant d’histoire et de science politique au Cégep de Granby.

«Tout peut basculer»

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Dominic Dumas, politologue et enseignant d’histoire et de science politique au Cégep de Granby, donne ses impressions sur la campagne électorale américaine qui s’achève ainsi que ses répercussions au Canada.

Qu’avez-vous pensé de la campagne électorale américaine?

Je l’ai trouvée très intéressante, pleine de rebondissements. Mais aucun des deux principaux candidats ne m’a impressionné. Joe Biden a fait une campagne prudente, politiquement correcte. De l’autre côté, le discours de Donald Trump s’essouffle. Là, on connaît sa stratégie de dire tout et son contraire et je trouve qu’il arrive au bout de cette stratégie-là.

Qu’est-ce qui vous a marqué le plus?

Que Donald Trump ait dit publiquement qu’il considérait refuser les résultats de l’élection présidentielle s’il perd. Je n’ai pas souvenir qu’un autre candidat ait fait ça depuis le début de la république. Ça a comme effet pervers de miner la confiance des Américains envers leur propre démocratie et ça pourrait avoir de graves conséquences. Donald Trump a beaucoup de partisans dans l’extrême droite. Dans un scénario catastrophe, des gens pourraient utiliser des méthodes violentes pour protester contre l’élection de Joe Biden.

Qui va gagner à votre avis?

A priori, les sondages indiquent que Donald Trump va perdre. Beaucoup de ses promesses n’ont pas été réalisées en quatre ans, ou réalisées à moitié, et il a été très critiqué sur sa gestion de la COVID-19. Mais il ne faut pas oublier que tout le monde donnait Hillary Clinton gagnante en 2016. Ça ne prendrait que quelques pourcentages de votes supplémentaires, dans quelques États-clés comme l’Ohio, la Floride et la Caroline du Nord... Tout peut basculer.

Quel impact aura cette élection sur le Canada?

Si Donald Trump est réélu, cela aura des effets sur nos relations commerciales avec les États-Unis. Rappelons-nous qu’il a remis les accords de libre-échange en question et imposé des tarifs douaniers, comme sur l’aluminium. Joe Biden est davantage le candidat du libre-échange. Il ne veut pas faire de guerre commerciale avec ses alliés. Pour le Canada, c’est mieux que Donald Trump ne soit pas réélu, puisque nous sommes très dépendants de nos échanges commerciaux avec nos voisins du Sud. Le président sortant a aussi remis en question le rôle de l’OTAN. Un président américain qui ne ferait pas cela, c’est rassurant pour le Canada qui cherche à protéger son territoire dans l’océan arctique face à la Russie.