À Cowansville, la croissance démographique de la municipalité s’est poursuivie, alors que la municipalité a enregistré une hausse de 2,6 % de sa population dans la dernière année. Si on compare les chiffres de 2020 et de 2009, ils sont tout près de 20 % de plus à vivre dans ce pôle de la MRC de Brome-Missisquoi.

Toujours plus de nouveaux citoyens dans la région

À en croire les mouvements de population répertoriés dans le plus récent décret de population publié dans la Gazette officielle du Québec, Brome-Missisquoi demeure le lieu le plus prisé dans la région pour venir s’établir, suivi de près par la Haute-Yamaska, les deux MRC ayant enregistré une augmentation de leur démographie au cours de la dernière année.

Selon les données consultées, la population a cru de 1,37 % dans Brome-Missisquoi, une statistique qui s’explique par une croissance démographique dans certaines municipalités, une stabilité dans d’autres, mais aussi une diminution ailleurs, comme à Abercorn, Brome et Frelishgburg, où le taux de décroissance annuel a été respectivement de 5,78 %, 2,98 % et 3,05 %.

« Il y a des municipalités qui connaissent plus de difficultés que d’autres, reconnaît l’ex-préfète de la MRC de Brome-Missisquoi, Sylvie Dionne-Raymond. Elles sont aux prises avec le vieillissement de leur population et elles peinent à renouveler leur démographie. »

La mairesse d’East Farnham est d’ailleurs d’avis que les nouvelles résidences pour aînés, modernes et regorgeant de services et de commodités, ont la cote auprès des aînés de toute la région. « C’est déjà plein là-bas. Ce monde-là ne peut pas tout venir de Cowansville, suppose-t-elle. La population vieillissante cherche des endroits où demeurer confortablement. »

« Probablement que quelques personnes plus âgées qui demeuraient dans les municipalités en périphérie sont venues s’établir chez nous », reconnaît également la mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard.

À Cowansville, la croissance démographique de la municipalité s’est poursuivie, alors que la municipalité a enregistré une hausse de 2,6 % de sa population dans la dernière année. Si on compare les chiffres de 2020 et de 2009, ils sont tout près de 20 % de plus à vivre dans ce pôle de la MRC de Brome-Missisquoi.

« Ce n’est pas sans effort que nous sommes arrivés là, confie la mairesse Beauregard. On ne lâche pas au niveau de la promotion de la municipalité, notamment pendant la diffusion de l’émission L’Heure bleue [ndlr : dont la trame narrative se situe, entre autres, à Cowansville], mais on travaille aussi à offrir une belle qualité de vie à nos citoyens. »

« On est une municipalité qui offre beaucoup de services : on a un hôpital, de nombreuses infrastructures de loisirs comme le centre aquatique, l’aréna et des parcs, poursuit-elle. Nous sommes une communauté avec des valeurs humaines, et on a aussi des promoteurs immobiliers qui ont de la vision. Beaucoup de projets de développement sont à venir. »

En 2019, c’est Bromont qui a augmenté le plus sa population, avec une hausse de 3,57 % en un an, mais une augmentation supérieure à 58 % en une décennie. D’ailleurs, la municipalité vient de franchir le cap des 10 000 habitants.

Bolton-Ouest et East Farnham ont elles aussi vu leur population croître de plus de 3 % l’an dernier. 

Pour sa part, Farnham a enregistré une hausse de 2,60 % de sa population, et plus de 21 % en dix ans. « C’est parce qu’il y a un bon maire là-bas ! », lance à la blague le premier magistrat de la municipalité, Patrick Melchior, optimiste de voir la démographie de sa municipalité franchir le cap des 10 000 citoyens d’ici un an, deux tout au plus.

« On est dans la troisième couronne de Montréal, ce qui veut dire qu’on a beaucoup de services et que nos terrains sont encore abordables », suppose-t-il pour expliquer l’attrait de Farnham. 

« Notre but, comme maire et comme conseil municipal, c’est non seulement d’attirer de nouveaux citoyens, mais aussi de retenir ceux qu’on a déjà. On souhaite que les gens vivent et travaillent à Farnham, qu’elle ne soit pas une ville-dortoir. On veut créer un beau cocon où les gens se sentiront bien grâce à des espaces verts, des pistes cyclables et des commerces de proximité et de bons restaurants. »

L’embauche prochaine d’un commissaire au développement économique permettra d’ailleurs de bonifier l’offre commerciale de la municipalité, indique-t-il.

Accueillir adéquatement les nouveaux citoyens

Au cours de la dernière année, la population de la Haute-Yamaska a cru de tout près de 1 %. Si Granby a accueilli un peu plus de 550 nouveaux citoyens, c’est Shefford qui a, toutes proportions gardées, vu sa démographie croître le plus, avec une hausse de 2,79 %.

« On prend ça avec un grain de sel ; on n’est pas en compétition avec les autres villes », nuance Éric Chagnon, le maire de la municipalité qui compte désormais 7307 citoyens.

D’ailleurs, l’élu ne rêve pas de doubler le nombre de citoyens de sa municipalité. « Chez nous, on préfère poursuivre avec du développement à faible densité. On se concentre davantage sur la qualité de vie des citoyens qui sont déjà établis ici plutôt que d’essayer d’attirer à tout prix de nouvelles personnes. »

Cela rejoint l’avis du préfet de la MRC, Paul Sarrazin, qui estime qu’avant de compter sur les revenus en taxes qu’apporteront ces nouveaux citoyens, il faut être en mesure de les accueillir adéquatement. C’est pourquoi l’atteinte des 10 0000 citoyens dans la Haute-Yamaska lui importe peu à l’heure actuelle.

« On a des enjeux sur notre territoire. Par exemple, notre réseau routier actuel n’est pas adéquat pour une croissance démographique importante. Il ne supporterait pas la circulation supplémentaire. On a aussi des écoles et des services de santé qui ne suffiraient pas à un plus grand bassin de population. On doit donc maintenir un équilibre afin d’être capable de continuer d’offrir des services à la population au fur et à mesure que celle-ci augmente. Autrement, si des gens viennent s’établir ici et qu’ils n’ont pas accès aux services qu’ils espéraient obtenir, leur expérience dans notre région ne sera pas agréable. »

La municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton, dont M. Sarrazin est le maire, a connu une baisse de 1,33 % de sa population en 2019-2020. En même temps, lui non plus n’a pas l’ambition de vouloir attirer des centaines de nouveaux résidents. 

« On n’a presque plus de terrains de disponibles, alors nos options de croissance sont plus minces. On se situe exactement où on doit être, en fonction de notre capacité à donner des services et à offrir une certaine qualité de vie à nos citoyens », explique celui qui est également président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Stabilité dans Rouville et Acton

La population de Rouville est demeurée somme toute stable dans la dernière année, alors que les six municipalités couvertes par La Voix de l’Est ont enregistré, ensemble, une diminution démographique de 1,17 %. Seule Ange-Gardien a vu sa population augmenter, avec une croissance de 1,6 %. 

Sur dix ans, la municipalité en bordure de l’autoroute 10 a vu sa population croître de 40 %, loin devant Saint-Césaire, Rougemont, Saint-Paul-d’Abbotsford et Sainte-Angèle-de-Monnoir, dont l’augmentation démographique a été respectivement de 12,84 %, 7,47 %, 6,60 % et 9,73 % sur cette période.

Enfin, dans la MRC d’Acton, seules les municipalités d’Acton Vale (+0,57 %) et Saint-Nazaire-d’Acton (+1,84 %) ont un taux démographique positif. Globalement, la population de la MRC est demeurée stable, alors qu’une très légère baisse de 0,48 % a été enregistrée. Depuis 2009, Upton et le canton de Roxton ont été les plus prisées des nouveaux arrivants, avec des augmentations totales de 8,63 % et de 6,96 %.