Le directeur du Zoo de Granby, Paul Gosselin, le député de Shefford, Pierre Breton, et le directeur de la conservation et de la recherche au Zoo, Patrick Paré, ont participé à l'annonce d'une subvention de 177 440 $ pour la préservation de la tortue molle à épines.

Tortue molle à épines: une subvention au Zoo de Granby

Le Zoo de Granby a reçu un important coup de pouce vendredi du gouvernement fédéral pour la préservation de la tortue molle à épines, un projet auquel l'institution participe depuis 20 ans. Une subvention de 177 440 $ lui a été accordée pour la réalisation de différentes actions de sensibilisation et de conservation.
Une quinzaine de minuscules émetteurs seront apposés sur des spécimens juvéniles d'à peine 25 grammes pour suivre leurs déplacements.
La tortue molle à épines est reconnue comme une espèce menacée au Québec et au Canada depuis 2000. Au Québec, il s'agit de la tortue la plus menacée. Et la seule population de tortue molle à épines se trouve dans la région du lac Champlain, a affirmé le directeur de la conservation et de la recherche au Zoo, Patrick Paré, lors d'un point de presse.  
Selon lui, l'aide financière annoncée permettra notamment au Zoo de continuer jusqu'en 2020 à récolter des oeufs sur les sites de pontes connus à Pike River, de les soumettre à un processus d'incubation artificielle et de relâcher les tortues en nature, entre l'âge d'un jour et de 12 mois. En nature, le taux de survie des oeufs est de 27 %, contrairement à 84 % en laboratoire.
Depuis 2010, cette opération était effectuée grâce au soutien financier de trois organismes sans but lucratif voués à la protection de la faune. Mais la recherche de financement était toujours à recommencer d'une année à l'autre. « Je peux donc mettre mes énergies dans le projet en tant que tel pour les trois prochaines années plutôt que dans les demandes de financement », se réjouit Patrick Paré. 
Présent au Zoo vendredi pour cette annonce, le député de Shefford, Pierre Breton, a précisé que cette subvention s'inscrit dans le cadre du programme d'intendance de l'habitat d'Environnement et Changement climatique Canada. 
Suivre à la trace
Le Zoo et ses partenaires (ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Organisme de bassin versant de Brome-Missisquoi, etc.) procéderont cet été à la relâche de la 1000e tortue molle à épines, dans la rivière aux brochets. 
L'aide financière accordée permettra par ailleurs de poursuivre les démarches entreprises l'an dernier pour suivre les déplacements de certains juvéniles relâchés en nature. Une quinzaine de minuscules émetteurs pourront ainsi être apposés sur des spécimens d'à peine 25 grammes. Un premier site d'hibernation a pu être découvert de cette façon l'automne dernier, dit Patrick Paré.   
« Notre objectif serait d'amener une centaine d'individus à l'âge de 15 ans, où ils sont matures sexuellement. Durant toutes ces années-là, il peut y avoir de la prédation par les oiseaux, par les poissons, de la mortalité naturelle et des maladies. Mais avec une centaine d'individus, il peut y avoir de la reproduction et on pense que la population pourrait survivre à plus long terme », souligne le directeur de la conservation et de la recherche au Zoo. 
Éducation
Des activités d'éducation et de sensibilisation citoyenne sont aussi au programme. Les résidants de Pike River, de Clarenceville, de Notre-Dame-de-Stanbridge, de Saint-Armand et de Venise-en-Québec sont visés. 
Des programmes seront mis en place dans les écoles. Les plaisanciers seront invités à ralentir dans certaines zones stratégiques. Les riverains et les producteurs agricoles seront accompagnés dans l'aménagement et la protection de leurs bandes riveraines. Le travail avec les élus locaux se poursuivra, notamment avec ceux de Pike River, qui ont mis en place un festival de la tortue en 2016. Avec Conservation nature Canada, certains terrains pourraient aussi être acquis au besoin, énumère Patrick Paré.   
« On veut sensibiliser les gens à l'importance de faire attention à notre environnement, à la nature et aux gestes qu'on pose. Il n'y a pas juste la tortue molle à épines, il y a des salamandres, des grenouilles, des espèces de chauves-souris qui sont menacées. Souvent, c'est à cause d'actions portées par l'humain. Notre rôle au Zoo, c'est d'éduquer les gens pour renverser la vapeur », déclare pour sa part le directeur général du Zoo, Paul Gosselin.