Karl Magnone et Jérémie Poupart sur le plateau de l’émisision
Karl Magnone et Jérémie Poupart sur le plateau de l’émisision

Tite Frette gagne son pari à l’émission Dans l’œil du dragon

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Le passage des propriétaires de Tite Frette et Compagnie à l’émission Dans l’œil du dragon, mercredi soir, aura été payant. Karl Magnone et Jérémie Poupart ont convaincu les hommes d’affaires Nicolas Duvernois et Steve Morency d’investir dans leur jeune entreprise. L’entente : 200 000 $ en échange de 20% de leurs parts.

«On veut devenir la SAQ de la bière», ont déclaré avec aplomb les deux associés lors de leur présentation, en affirmant viser l’ouverture éventuelle de 50 boutiques au Québec, tout en développant leur propre marque de bière Tite Frette.

Il faut savoir que les boutiques Tite-Frette et Compagnie se spécialisent en bières de microbrasseries et en produits du terroir. La croissance de l’entreprise, depuis sa création en 2018, a été remarquable. Déjà propriétaire de trois succursales à Granby, Saint-Jean-sur-Richelieu et Cowansville, elle s’apprête à ouvrir une quatrième adresse à Saint-Hyacinthe. Les deux associés ont aussi lancé récemment un petit resto caché (de type speakeasy) à Saint-Jean.

Bref, les affaires vont rondement. Mais Karl et Jérémie avaient envie d’un coup de pouce pour prendre encore plus de place dans leur marché. D’où l’idée de s’inscrire à l’émission, en sollicitant 200 000 $ en échange de 7% de leur entreprise.

Convaincus et convaincants, les deux jeunes entrepreneurs ont suscité l’intérêt des cinq dragons — Nicolas Duvernois, Steve Morency, Marie-Josée Richer, Isabèle Chevalier et George Karam — dès leur arrivée sur le plateau. Étalage attrayant, dégustation de bières, discours de vente bien préparé... tout était en place pour l’opération séduction. Ils ont notamment dévoilé avoir réalisé des ventes nettes de 1,7 million $ en 20 mois et affirmé qu’ils prévoyaient atteindre un chiffre d’affaires de 3,5 millions $ en 2020.

Long processus

Karl Magnone explique que tout un processus a précédé cette émission tournée en février dernier : des entrevues téléphoniques, des entrevues en personne, des formulaires en ligne et une présentation devant l’équipe de production. «Il y a beaucoup de filtres avant d’avoir accès aux dragons. Ils veulent s’assurer que les entreprises sont sérieuses.»

Une journée complète a été nécessaire pour tourner l’épisode de mercredi. Les deux hommes ne savaient pas à quel moment leur présence serait requise; ils ont donc eu beaucoup de temps pour se préparer.

«C’était très stressant, car on voulait bien performer devant eux. Notre présentation a duré une bonne heure. Ils posent beaucoup de questions. Ce n’est qu’après, qu’ils prennent leur décision», poursuit Karl. «Quand quatre des cinq dragons ont dit non, on s’est dit qu’on repartirait peut-être les mains vides!»

Mais le vent a tourné lorsque Nicolas Duvernois de Pur Vodka a lancé son offre de 200 000 $ pour 20 % des parts, que les deux associés ont d’abord rejetée, avant de lui faire une contre-proposition de 200 000 $ pour 15 % de la compagnie.

M. Duvernois est alors revenu à la charge avec un investissement de 200 000 $, toujours pour 20 % des parts, mais cette fois de concert avec le dragon invité, le fondateur du Groupe Yuzu, Steve Morency.

Les deux investisseurs ont toutefois insisté sur l’importance pour Tite Frette de «focuser» principalement sur le développement d’un réseau de franchises, sans trop «s’éparpiller».

Karl et Jérémie ont sauté sur l’occasion, surtout que MM. Duvernois et Morency possèdent une solide expertise dans le milieu de l’alcool et de l’alimentation.

Mieux et vite

Avec le recul, Karl résume ainsi l’aventure des Dragons. «Ç’a été une expérience émotive. Ça va faire en sorte qu’on puisse travailler mieux et plus vite. Ça ne veut pas dire qu’on ferme le resto et qu’on arrête le développement de notre bière — c’est notre plaisir ! —, mais ça signifie qu’on concentre nos efforts sur les franchises.»

Et même si la pandémie complique les rencontres avec leurs deux nouveaux mentors, le Granbyen assure qu’un «gros plan de match» les attend. Bien sûr, les affaires de Tite Frette ont souffert de la crise dans les premières semaines, mais Karl Magnone n’a aucune inquiétude; l’engouement du public pour l’achat local et la forte demande pour la livraison de leurs produits sont de bon augure.

Et le chiffre d’affaires prévu en 2020? «On va l’atteindre.»

D’ailleurs, l’apparition publique des gars de Tite Frette n’est pas passée inaperçue. En quelques heures, le duo a vu son achalandage bondir sur les réseaux sociaux. Ses commandes en ligne ont augmenté. Et surtout, une vingtaine de demandes de franchises lui ont été adressées.

«Je m’attendais à ça. Quand les entreprises passent à l’émission, je sais qu’il y a souvent une explosion après», fait remarquer Karl Magnone, le plus calmement du monde.