La manifestation en soutien au projet de loi 21 a attiré trois manifestants dont Jacques Côté et sa soeur, Jocelyne.

Timide manifestation pour la laïcité à Granby

Granby a connu une première manifestation pour la laïcité, samedi. Un trio de citoyens s’est réuni au coin des rues Dufferin et Principale afin de manifester son soutien au projet de loi 21. Ces trois personnes craignent que des musulmans veuillent instaurer la loi islamique au Québec et estiment que la loi proposée par la CAQ est un premier pas pour défendre les valeurs québécoises.

Trois Granbyens se sont ainsi donné rendez-vous à quelques pas de l’hôtel de ville pour souligner leur appui au projet de loi 21 du gouvernement caquiste. Celui-ci vise à réaffirmer la laïcité de l’État en interdisant le port de signes religieux pour certains employés de la fonction publique. Au même moment, une manifestation de plus grande envergure se tenait à Montréal.

Si la loi concerne les signes ostentatoires de toutes les religions, les manifestants semblaient surtout en avoir contre l’islam et ses croyants. « Les gens peuvent me dire que je suis islamophobe, ça ne me gêne pas, a soutenu l’un des organisateurs de cette rencontre, Jacques Côté. Pour moi, ça veut dire rejeter des valeurs d’une autre époque et être contre la charia, le Coran, l’adultère, la décapitation, la ségrégation des sexes [...] ». L’homme disait citer ainsi un texte tiré des réseaux sociaux.

Loi 21

Comme d’autres personnes qui ont manifesté dans la métropole, les trois Granbyens aimeraient convaincre davantage de citoyens à l’idée de se ranger derrière le projet de loi 21, même s’ils le jugent édulcoré.

« Je suis un peu déçu, parce que la CAQ a été élue avec un mandat clair sur la question. Moi, j’aurais été plus draconien et j’aurais aimé que tous les signes religieux soient interdits de la fonction publique, sans clause grand-père. Mais au moins, c’est un pas dans la bonne direction », a expliqué Jacques Côté.

Sa sœur, Jocelyne Côté, craint pour sa part que les quelques enseignantes qui pourront continuer de porter un foulard dans le cadre de leur emploi à cause des dispositions de la loi aient un impact néfaste sur les élèves. « C’est faux que ça n’a pas d’influence, insiste-t-elle. Si c’était vrai, elles ne le porteraient pas. Pour elles, c’est comme un drapeau. »

« C’est pervers à l’école, parce que ça habitue les jeunes à cela », a ajouté son frère.

Valérie Leduc, qui était également présente, aimerait quant à elle que la loi, lorsqu’adoptée, permette à certains croyants « de se libérer de l’emprise de la religion ».

Baliser

Les organisateurs du rassemblement estiment que certains pays européens, comme la France ou la Hongrie, ont mal géré leurs politiques d’immigration par le passé et ils font maintenant face à « de gros problèmes ». Jacques Côté croit que le Québec devrait prendre exemple sur eux afin d’éviter que de telles situations surviennent ici à moyen terme.

« On part de loin, mais il faut commencer à baliser pour protéger nos valeurs. C’est une question d’équilibre et de nombre. [...] Il y a aussi moyen de les choisir en provenance de pays qui ont des valeurs plus proches des nôtres. »

Le groupe dresse également un sombre portrait la situation à Granby. Il met en doute la volonté des nouveaux arrivants à s’adapter. Il estime aussi que la municipalité a dépassé sa capacité d’accueil.

« SERY [Solidarité ethnique régionale de la Yamaska] dit qu’il y aurait 3500 immigrants à Granby. Moi, je n’y crois pas, tranche Jacques Côté. Je pense qu’ils ne veulent pas dire les vrais chiffres pour ne pas alerter les gens comme nous. »

Contrôle provincial

Pour le trio de manifestants, la solution aux multiples problèmes qu’ils identifient réside dans un contrôle total des politiques d’immigration par le gouvernement provincial.

« Les lois sont établies par le gouvernement fédéral, qui a une tout autre politique. Aussi, l’agenda qu’ils ont, à Ottawa, est de tuer le mouvement souverainiste par l’étranglement économique et démographique », soutient M. Côté.

Malgré leur position, M. Côté, sa sœur Jocelyne et Mme Leduc n’ont pas voulu se réunir devant le bureau du député fédéral, Pierre Breton. « Ce serait une perte de temps de lui parler. Même s’il avait des opinions divergentes de son parti, il n’a aucun intérêt à se prononcer. »

La Voix de l’Est a tenté, sans succès, de joindre les responsables du Centre culturel islamique de Granby pour obtenir une réaction.